/misc
Navigation
Zone Libre

Le vélo? Ça ne fait que commencer

Tôt ou tard, que ce soit dans trois, cinq ou dix ans, la part modale du vélo atteindra les 10% à Montréal

Le vélo? Ça ne fait que commencer
Illustration Benoit Tardif, colagene.com

Coup d'oeil sur cet article

Certains matins, au coin des rues des Pins et Saint-Urbain, nous sommes une trentaine de cyclistes sur la piste cyclable à attendre patiemment le feu vert. L’heure de pointe dans une grande ville, c’est aussi ça. Chaque fois que ça se produit, c’est plus fort que moi, je suis très ému.

Certains matins, au coin des rues des Pins et Saint-Urbain, nous sommes une trentaine de cyclistes sur la piste cyclable à attendre patiemment le feu vert. L’heure de pointe dans une grande ville, c’est aussi ça. Chaque fois que ça se produit, c’est plus fort que moi, je suis très ému.

Il y a quelques années, du moins dans mon souvenir, je connaissais à peu près tous ceux qui se déplaçaient à vélo à Montréal. Peu à peu, les rangs ont grossi. Aujourd’hui, les usagers occasionnels de BIXI pédalent au côté de cyclistes en maillot et cuissards qui se déplacent en mode cardio.

Évidemment, les supporters du vélo urbain n’ont pas tous les mêmes motivations.

Certains optent pour le transport actif pour des raisons économiques. À lui seul le coût faramineux des infrastructures routières, ponts, échangeurs, autoroutes, aurait de quoi convaincre tout le quartier des affaires. Sans compter les économies que l’on réalise lorsqu'on remplace sa voiture par la bicyclette. Stationnement, carburant, entretien!

D’autres, n’en déplaise aux pauvres dinosaures qui nient toujours le réchauffement climatique, voient dans le vélo une façon efficace de diminuer l’émission de gaz à effet de serre. Y a-t-il plus écolo que le vélo ?

Et puis, il y a ceux qui roulent santé. L’activité physique diminue notamment le risque d’obésité, d’hypertension, de diabète. En plus de sculpter des jambes et des mollets d’acier, le vélo est excellent pour le cœur et les neurones.

Agréable

Moi, je l’avoue, je pédale assez peu pour sauver la planète ou rétablir l’équilibre budgétaire du Québec. Je suis plutôt égoïste. En ville, sur de courtes distances, la bicyclette est encore la façon la plus simple, la plus rapide et la plus agréable de me rendre à destination. Alors pourquoi m’en priver?

Dans les quartiers centraux de Montréal (environ 700 0000 habitants), la part modale du vélo, sa place dans l’ensemble des déplacements, se situerait aujourd’hui autour de 4 ou 5%. C’est beaucoup plus que dans la plupart des villes nord-américaines. C’est peu par rapport à Copenhague où cette part serait de 31%. Berlin, où elle s’établirait à 13%. Mais on y vient...

Les automobilistes détesteurs de cyclistes, une espèce minoritaire, n’ont donc pas fini de mordre rageusement leur volant et d’insulter tout ce qui bouge en faisant crisser leurs pneus. Tôt ou tard, que ce soit dans trois, cinq ou dix ans, la part modale du vélo atteindra les 10% à Montréal. Pour parvenir à ces résultats, il faudra la mobilisation des groupes de pression et, variable imprévisible, le courage de la classe politique.

Si demain l’on investissait dans le réseau cyclable ne serait-ce que 4 ou 5% de ce que coûtera le pont qui doit remplacer de toute urgence le pont Champlain, la question serait à peu près réglée. La facture du pont-sans-nom s’élèvera à 4 ou 5 milliards de dollars. Faites le calcul!

Seul un réseau cyclable complet et sécuritaire pourra convaincre les familles, les gens âgés et les travailleurs de pédaler nombreux, en confiance, au côté des plus jeunes, des hipsters et des sportifs. Peut-on imaginer plus beau positionnement pour Montréal?

Un de ces matins, nous serons une cinquantaine, peut-être davantage, au coin des rues des Pins et Saint-Urbain. Pas que là, d’ailleurs. J’essaierai de contenir mon émotion.

Commentaires