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Accusée de vol

Son père très surpris

Il ne s’imaginait pas que sa fille puisse être accusée de 40 vols dans des résidences

Son père très surpris
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Le père de la jeune femme accusée d'une quarantaine de vols dans des résidences du Centre-du-Québec était loin de s'imaginer la double vie que menait sa fille, qui était aux études et sur le point de devenir infirmière auxiliaire.

C'est un homme visiblement abattu qui ouvre la porte de sa maison de Victoriaville, celle où il vit en compagnie de sa fille, Stéphanie Beaudoin, et de ses deux chiens.

«Je ne m'y attendais pas. Elle faisait ses affaires. On est très surpris», dit-il, le regard plongé vers le sol.

Mal à l'aise, Alain Beaudoin ​semble avoir de la difficulté à mesurer l'ampleur des accusations portées contre sa fille de 21 ans. Car Stéphanie Beaudoin semblait mener une vie tranquille.

Elle allait entamer en septembre un stage de quatre mois dans un hôpital pour obtenir son diplôme d'études professionnelles et devenir infirmière auxiliaire.

Elle avait un petit ami, était active sur Facebook où elle aimait publier des photos d'elle (son profil a été supprimé hier). Elle était inconnue des services de police. Elle avait même un emploi d'été à l'Hôpital de Victoriaville.

Double jeu

Mais à en croire les accusations de la SQ qui l'ont arrêtée mardi, sous ce vernis impeccable se cachait un personnage plus sombre. Stéphanie Beaudoin aurait commis une quarantaine de vols par effraction dans des résidences inhabitées depuis deux mois, opérant dans les MRC d'Arthabaska et de l'Érable.

Elle aurait entraîné dans son sillage deux complices, un adolescent de 17 ans et un autre de 13 ans, ainsi que son petit chien blanc, un Shih Tzu ou un mélangé.

La jeune femme avait démissionné de son emploi d'été à l'hôpital une semaine avant d'être arrêtée.

La SQ a perquisitionné cinq domiciles depuis mardi et a retrouvé des bijoux, télévisions, appareils électroniques et armes à feu. La valeur totale des objets volés n’est pas encore évaluée.

« Incompréhensible »

Des voisins de la famille se sont montrés aussi surpris que le père. «C'est vraiment bizarre. Elle était polie, elle disait bonjour», témoigne l'un d'entre eux.

«Elle avait l'air d'une jeune fille gentille, normale. Pour moi, c'est un accident de parcours», estime une autre voisine.

L'avocat de Stéphanie Beaudoin avait lui aussi du mal à y croire.

«En 42 ans de plaidoirie, je n'ai pratiquement jamais vu ça. C'est incompréhensible, a déclaré Me Denis Lavigne. Elle semblait avoir une vie tellement normale qu'on se demande ce qui s'est produit. C'est une vie secrète. Parce qu'on parle quand même de vols par effraction, ce sont des crimes planifiés.»

Me Lavigne estime qu'il faut peut-être chercher du côté de la santé mentale. «Il y a forcément une raison sous-jacente, un trouble de la personnalité qui s'est manifesté une fois.»

Une connaissance du petit ami de Stéphanie Beaudoin se doutait toutefois que quelque chose clochait. «Il n'y avait qu'à regarder son profil Facebook. C'est une étudiante de 21 ans, elle a une voiture, des seins refaits, on se demande d'où ça vient», dit la résidente de Plessisville.

Stéphanie Beaudoin était enfermée au centre de détention de Trois-Rivières hier. Selon son avocat, elle aurait dit «qu'elle a eu sa leçon, que la prison n'est pas pour elle.»

Elle doit comparaître ce matin afin de négocier les conditions de son éventuelle remise en liberté.

 

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