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Les subventions publiques aux éditeurs de livres questionnées

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L’Alliance québécoise des éditeurs indépendants (AQEI) estime que le milieu du livre n’a plus besoin du soutien financier des gouvernements provinciaux et fédéral pour assurer sa croissance.

«Ces subventions ont été pensées pour faire émerger la littérature québécoise, mais aujourd’hui elles ne profitent qu’aux gros joueurs », a indiqué Marie Brassard, présidente de l’AQEI.

Ce regroupement compte 150 éditeurs indépendants, qui publient plus de 200 titres par année. En faisant rayonner des éditeurs sans le moindre appui financier des gouvernements, elle estime avoir fait la preuve que ce secteur peut très bien vivre sans.

Les éditeurs agréés par le ministère de la Culture et des Communications – ils sont plus de 160 – ont accès notamment à un soutien du Conseil des arts du Canada, du Fonds du livre du Canada et de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC). En 2013-2014, la SODEC a versé 4,6 millions $ aux éditeurs québécois.

Un crédit d’impôt remboursable pour l’édition de livres est également accordé, équivalent à 28 % de la dépense de main-d’œuvre liée à l’édition et 21,6 % de celle liée à l’impression (en considérant la baisse de 20 % annoncée par le budget Leitao).

«Ce n’est pas nécessaire de piger dans la poche des contribuables pour publier un livre. Les projets peuvent s’autofinancer », soutient Mme Brassard.

Également présidente des Éditions Véritas Québec, Marie Brassard publie une vingtaine de titres par année. Elle soutient que ses auteurs sont mieux payés qu’ailleurs. «La formule indépendante permet de redonner à l’auteur sa place réelle dans la chaîne du livre, soit autour de 20 %. C’est deux fois plus que dans les grandes boîtes.»

«De prétendre que si on peut éditer des livres sans subvention, alors ces subventions ne sont plus utiles, c’est de la bouillie pour les chats. Ce qu’il faut se demander, c’est si ces livres sont lus, si les auteurs en sortent réellement gagnants», a répliqué Richard Prieur, le directeur général de l’Association des éditeurs de livres.

M. Prieur affirme que la marge de profit des éditeurs est très mince, moins de 5 %. Selon ses observations, dans huit cas sur dix, l’opération est déficitaire. «C’est lors des réimpressions, quand un livre connait du succès, qu’un éditeur est gagnant.»

Les Québécois investissent peu dans l’achat de livres: les dépenses moyennes des ménages en livres et brochures, à l’exclusion des livres scolaires, s’élèvent à 81 $ par année (données de 2009).

Plusieurs intervenants du milieu du livre ont tenu à préciser que ce regroupement d’éditeurs indépendants est un joueur mineur dans l’industrie. Pour les six premiers mois de l’année, Marie Brassard estime les ventes de ses membres à environ 500 000 $. En comparaison, en 2012, il s’est vendu au total pour 678 millions $ de livres neufs au Québec.

Richard Prieur salue le travail de ceux qui font le choix de demeurer indépendant, mais questionne l’impact de leurs livres sur le marché. «Dans les palmarès des meilleures ventes, je ne vois pas souvent ces titres», a-t-il ironisé.

L’Association des éditeurs de livres voit son effectif porté à la hausse depuis deux ans, et compte maintenant 104 membres.

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