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Coupe du monde

Du rugby et des mains moites

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Photo Kevin C. Cox / Getty Images / AFP Magali Harvey (avant-plan à droite).

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Rarement le Québec aura accordé autant d’attention à un match de rugby…

Avec sept Québécoises dans l’équipe nationale, le Canada a rendez-vous avec l’Angleterre, dimanche, lors de la grande finale de la Coupe du monde de rugby à XV.

D'entre tous les observateurs, Luc Harvey est certainement parmi les plus impliqués émotionnellement.

«J’en ai mal au ventre et j’ai les mains moites», a énuméré l’ex-chef du Parti conservateur du Québec, qui est le père de Magali Harvey, l’une des vedettes de la formation canadienne.

En toute honnêteté, le paternel avoue qu’il ne pensait pas que le Canada allait se rendre jusqu’en finale de cette Coupe du monde.

«J’avais prévu me rendre à Chicoutimi pour visiter de la famille pendant tout le week-end, mais je devrai revenir un peu plus tôt à Québec pour regarder la finale», a rigolé Harvey, bien heureux du surprenant parcours canadien.

Un gros party se planifie, mais probablement ailleurs qu’au domicile familial puisqu’il n’y a «pas assez de la place pour accueillir tout le monde».

Joueuse de l’année?

À propos de sa fille, qui fêtera ses 24 ans samedi, Luc Harvey a toutes les raisons d’être fier. Magali a grandement aidé son équipe à battre la France en demi-finale et elle fait même partie des quatre finalistes pour le titre de joueuse de l’année de l’International Rugby Board (IRB). L’honneur sera décerné dimanche à l’issue de la finale.

«Si c'était un gars, elle gagnerait probablement entre 7 et 8 millions $ par année, a mentionné Harvey, soulevant une certaine injustice. C’est ce que font les meilleurs joueurs au monde. Chez les filles, ça tourne autour de 40 000$ et ça, c’est si elle est cartée au Québec, au Canada et qu’elle a quelques commanditaires.»

Avec la performance réalisée lors de cette Coupe du monde, il ne serait pas étonnant de voir la situation de Magali Harvey s’améliorer, un tant soit peu, financièrement.

«J’ai trois filles qui jouent au rugby. Ce n’est pas toujours évident. Il y a un moment où ça pouvait coûter jusqu’à 16 000$ par été pour que les filles pratiquent leur sport», a spécifié Harvey, notant l’importance du sport amateur.

Pour le moment, au-delà de l’argent dépensé, la seule chose qui préoccupe la famille Harvey, c’est une victoire lors de la rencontre de dimanche.

«Magali n’a jamais été une très bonne perdante, a signalé le papa. Elle peut bouder longtemps après une défaite. Quand elle n’est pas contente, tu peux le voir dans ses yeux. Ça fait peur.

«Elle tient ça des Tremblay», a ajouté Luc Harvey, faisant allusion à sa propre mère, en riant de bon coeur.

La fougue des Caraïbes

Question de compléter le portrait familial, il est intéressant de savoir que la mère de Magali Harvey, Catherine Louisy, est originaire de Sainte-Lucie, dans les Caraïbes.

«Ma femme était une très bonne coureuse», a souligné Luc Harvey.

Le couple compte un total de six enfants, dont les deux plus jeunes ont été adoptés.

Dans ses rêves les plus fous, Luc Harvey aimerait voir Magali aux Jeux olympiques de Rio, en 2016, en compagnie d’une autre de ses filles Anne-Laurence, qui est âgée de 19 ans.

La discipline fera alors son retour aux Olympiques, sous forme de «rugby à 7».

«Anne-Laurence est une super athlète, a mentionné le papa. J’aurais du mal à dire laquelle a le plus de talent entre elle et Magali.»

Non loin derrière, il y a aussi Élizabeth, 16 ans, qui arrive tout juste du championnat canadien «Festival National» tenu à Vancouver.

Définitivement, ça fait beaucoup de personnes à encourager. Beaucoup de maux de ventre et beaucoup de mains moites.

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