/news/currentevents
Navigation
Nord-du-Québec

Des policiers en danger dans le Nord

Les agents du Nord-du-Québec font face à un environnement beaucoup plus menaçant que ceux du Sud

URGENT-FD-POLICIER-TUE
photo d’archives Steve Déry, un agent du Corps de police régional Kativik , a été tué par balle, le 3 mars 2013, à Kuujjuaq, dans le Nord-du-Québec.

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC | Sans arme adéquate et souvent sans renforts, les agents du Corps de police régional Kativik (CPRK), dans le Nord-du-Québec, doivent évoluer dans un environnement particulièrement dangereux, où pas moins de six interventions policières se sont soldées par un décès depuis 2012.

QUÉBEC | Sans arme adéquate et souvent sans renforts, les agents du Corps de police régional Kativik (CPRK), dans le Nord-du-Québec, doivent évoluer dans un environnement particulièrement dangereux, où pas moins de six interventions policières se sont soldées par un décès depuis 2012.

Depuis 1996, la région de Kativik, qui regroupe 14 communautés inuites, dont Kuujjuaq, possède son propre corps de police. Or, la pénurie de candidatures force le CPRK à embaucher des policiers souvent sans qualifications suffisantes et qui ne peuvent donc pas posséder d’arme de poing. «Souvent, ce sont des policiers “flambant neufs” parce que c’est une réalité tellement dure que ceux qui finissent Nicolet ne veulent pas aller là», raconte Patrick Rhéaume, policier du Nord pendant deux ans.

Ces agents doivent composer avec un taux de criminalité cinq fois plus élevé que dans le Sud. Des crimes contre la personne commis dans 70% des cas par des gens fortement intoxiqués, dans des communautés où la chasse est un mode de vie. «Dans toutes les maisons, il y a des armes à feu non verrouil­lées, souvent chargées, au bord du lit, dans le portique, sur la table de la cuisine. Il y en a partout. Tu ajoutes le facteur alcool et c’est explosif», poursuit le policier. «Il y a eu des situations où ça tirait un peu partout dans le village», assure-t-il.

Peu d’aide

Un autre agent, membre du CPRK entre 2010 et 2013, a accepté de témoigner sous le couvert de l’anonymat. Conscient du manque de ressources, il déplore tout de même le peu de soutien de la direction. «Il y a une grande lacune, lance ce policier. On est laissé à nous-mêmes.»

Par exemple, trois semaines après son arrivée, Patrick Rhéaume était déjà le plus expérimenté de Salluit en 2004 lorsqu’un bébé de 15 mois atteint par balle «est mort dans le “char” de police, sur nos genoux». «Quand la SQ repart avec le suspect et que tout est fini, tu ne débreffes pas parce que t’as un quart de travail qui commence le soir», illustre M. Rhéaume.

L’éloignement et le choc culturel pèsent également lourd. «La dépression chez les policiers, c’est déjà très élevé. Pour la police de Kativik, ce qui l’amplifie c’est l’isolement», ajoute le policier anonyme.

Améliorations

Rappelant la dure réalité du Nord et avouant qu’il y a des possibilités d’amélioration, le chef de police adjoint de CPRK Pierre Bettez indique que des améliorations ont été effectuées depuis le décès du policier Steve Déry, en 2013. «Tous les policiers sont armés maintenant, assure-t-il. Nos policiers sont tous formés et c’est un des critères d’embauche.»

 


Commentaires