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Le BIXI n’est pas un service public, c’est une subvention!

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François Cardinal de La Presse se porte une fois de plus à la défense du BIXI. Contrairement à ses précédentes apologies du BIXI, M. Cardinal a poussé plus loin son argumentaire habituel pour affirmer que le BIXI est un service public.

Malgré toutes les choses positives qu’on peut dire du BIXI, mais ce n’est pas un service public. Au contraire, il s’agit d’une subvention à un produit qui pourrait très probablement s’autofinancer sans l’aide des contribuables montréalais.

C’est bien connu que le BIXI n’est pas profitable puisque la ville doit souvent intervenir financièrement pour aider cette compagnie. Toutefois, l’effort financier pour devenir rentable (j’utilise ici les chiffres de M.Cardinal) est minime : entre 0,34$ et 0,91$ par déplacement. Pour s’autofinancer, le prix moyen d’un déplacement par BIXI augmenterait donc entre  3,3% et 8,9% (un déplacement apporte 10.23$ en revenus autonomes). Advenant de telles augmentations des prix, est-ce que la consommation diminuera dans une proportion similaire? Si on se fie aux statistiques des vélos en libre-service ailleurs dans le monde, la réponse est non.

Prenons le cas de Washington D.C. aux États-Unis. Dans cette ville, 55% des utilisateurs du BIXI ont des revenus annuels supérieurs à 75,000$; 53% détiennent une maîtrise ou un doctorat; 95% détiennent au moins un diplôme de niveau collégial et; seulement 7% font moins de 25,000$ par année. La clientèle de ce service est donc très aisée. La plupart des études sur les utilisateurs des vélos en libre-service dans plusieurs villes du monde confirment cette réalité. Il est difficile de voir comment Montréal serait différent.

Généralement, les économistes remarquent que plus les consommateurs sont aisés, moins ils sont portés à réduire leur consommation lorsque les prix augmentent. Ceci signifie que les entreprises de vélo libre-service pourraient augmenter leurs prix de 10% et la consommation diminuerait peut-être de 5% seulement. En conséquent, BIXI pourrait très bien devenir profitable sans l’aide de la ville de Montréal en augmentant ses prix.  En plus, des avenues publicitaires, ou des commandites d'entreprises pour leurs employés (tarifs de groupe) pourraient être explorées pour augmenter les revenus.

En aidant financièrement BIXI, la ville de Montréal fait baisser le prix à un point inférieur à celui qui aurait été normalement chargé. Toutefois, le petit groupe d’utilisateurs possède amplement les moyens de financer indépendamment ce service. Ce faisant, la ville de Montréal aide un groupe social très bien nanti.

Il faut ajouter que, lorsque la ville de Montréal décide de subventionner le BIXI, les fonds utilisés ne sont plus disponibles pour servir d’autres missions. En subventionnant un service qui aurait bien pu s’autofinancer, la ville s’est privée des moyens pour financer des services moins profitables tel que les piscines publiques ou les bibliothèques publiques, etc.

La réalité, c’est que le BIXI est un service plaisant à utiliser que les utilisateurs devraient payer pleinement de leurs poches et non pas utiliser à cette fin l’argent de l’ensemble des contribuables.

3 commentaire(s)

Denis dit :
17 août 2014 à 1 h 16 min

Il y a des externalités au Bixi. Est-ce un service qui peut s'autofinancer ? Pas par les utilisateurs à moins d'être beaucoup plus petit et encore là... Pas sûr.

Il y a des externalités positives et cela peut justifier une intervention gouvernementale mais de combien ?

Pour l'autofinancement ? Bien c'est un OSBL, on pourrait toujours augmenter la tarification mais les usagers seraient moindre. Je pense qu'il y en a assez d'usagers.

Non mais c'est un OSBL, il lui faudrait augmenter les revenus de commandites et de publicité mais aussi recevoir des dons. Voilà comment cela pourrait finir par fonctionner aux États-Unis. Il faut que des mécènes contribuent et suffisamment que des revenus de commandite soient là et en nombre suffisant, que les coûts soient sous contrôle et là la municipalité et l'État peut aussi contribuer mais à la condition que le milieu se prenne en main lui même et contribue à une certaine hauteur du financement.

Les usagers une autre part aussi, on n'envisage pas la gratuité. Mais penser autofinancer un tel service en se fiant d'abord sur les usagers ? Impossible.

Le hic ici au Québec, on est pris entre les deux ceux qui ne veulent rien savoir ou encore qui demandent un autofinancement complet par les usagers et ceux qui veulent cela à 100% public et qui protestaient même contre les publicités et prêts à faire du vandalisme sur les vélos.

Avant de partir la patente il fallait savoir comment on allait la financer... pour eux c'était avec le volet interntional ? Jouer aux entrepreneurs et Bixi avec quand même encore le statut d'un OSBL.

L'autofinancement ? On veut pas de subventions de l'État ? Il faut ramasser des fonds alors. Faire des concerts bénéfices, un radiothon, un bercethon ou peu importe ou avoir une autre entreprise qui finance les vélos. Comme les religieux qui faisaient du fromage ou de la bière. Le truc de vélo en libre service à lui seul tu peux pas aller chercher...

larry dit :
17 août 2014 à 9 h 41 min

Bixi c'est comme la ville de Montréal un échec complet que le reste du Québec fait vivre

Maxime dit :
20 août 2014 à 22 h 41 min

On ne peut pas comparer Montréal à Washington en aucune mesure... Et je suis quasi certain que la clientèle du Bixi à Mtl diffère de celle de la capitale américaine.

Il aurait fallu, pour cet article, les données de Bixi à Mtl.

J'ai quitté l'île parce que je n'en pouvais plus de subventionner ces programmes farfelus qui ne font que monter le compte de taxes. Bixi n'aurait jamais du être subventionné, de même que plusieurs autres programmes de la métropole.

Montréal est l'une des villes pauvres de la province, alors la fin de la subvention sera la fin de Bixi. Et je n'ai aucun problème avec ça.