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Droit | Forêt

Coupes à blanc dans la réserve faunique La Vérendrye

Des autochtones veulent stopper l’industrie forestière dans la réserve faunique La Vérendrye

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Bien que classée réserve faunique, la forêt de La Vérendrye est coupée parcelle par parcelle à un rythme de 2000 arbres par jour. La communauté algonquine qui y vit est devant la justice pour stopper l’industrie forestière. Une victoire serait une première au Québec.

«Il n’y aura plus de coupes à blanc. Quand c’est assez, c’est assez. Laissez la Terre mère se reposer», scandent les aînées Anishinabe de la communauté algonquine devant les tronçonneuses de la compagnie Louisiana Pacific.

Enveloppées dans leur tenue traditionnelle, certaines femmes pleurent en s’agrippant à la banderole qu’elles brandissent devant les travailleurs forestiers. Trempée par la pluie, l’une d’elles tend un arc, une autre lève une plume blanche.

La scène qui semble tout droit sortie d’un film n’a pas eu lieu au cœur de l’Amazonie, mais à cinq heures de route de Montréal sur un chemin forestier boueux de la réserve faunique de La Vérendrye, pas plus tard que la semaine dernière.

«Cette forêt, c’est leur garde-manger, leur pharmacie, leur université, leur temple. Et on la supprime, se désole Marc-André Toupin, de l’organisation Solidarité NABRO qui évalue que plus de la moitié du territoire de La Vérendrye a été coupé en 25 ans.

Alors que les parcs excluent toute activité industrielle, dans les réserves fauniques «l'exploitation de toutes les ressources naturelles (forêt, mine, pétrole et gaz, énergie hydraulique et éolienne) est permise», indique la SEPAQ.

Ni consultés ni consentants

Las de manifester au fond du bois, les autochtones ont décidé de transporter leur cause au palais de justice de Montréal. Depuis vendredi, ils tentent de convaincre une juge de la Cour supérieure de faire cesser les coupes forestières.

«Le but ultime est d’obtenir l’arrêt immédiat des coupes en raison du défaut de consultation et d’accommodement, indique Me Paul-Yvan Martin, l’avocat des familles algonquines. On estime que les communautés n’ont pas été dûment informées, comme le prévoit la loi.»

M.Toupin explique que, faute d’être consultés, les autochtones constatent les coupes quand les engins sont déjà partis. C’est le cas de Gabriel Wawatie qui a découvert que ses terres avaient été coupées à blanc à l’été 2012, alors qu’il venait y installer son camp d’été. Il a alors écrit une lettre au premier ministre pour se plaindre, en vain.

Me Martin explique que seuls les conseils de bandes sont consultés, or ceux-ci n’ont juridiction que sur les réserves et non pas sur les terres ancestrales familiales.

 

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