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Documentaire | Télé-Québec

Lucien Bouchard dévoile son discours de victoire au référendum de 1995 dans un nouveau documentaire

Lucien Bouchard
Chantal Poirier / Le Journal de Montréal / Agence QMI Lucien Bouchard

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Pour la première fois, Lucien Bouchard prononce le discours qu’il aurait livré le 30 octobre 1995 si l’option des souverainistes l’avait remporté. Cet étonnant extrait figure parmi les nombreux moments forts du documentaire Nation, huis clos avec Lucien Bouchard, qui sera présenté à Télé-Québec.

Dans ce discours trouvé aux archives nationales après permission spéciale, l’ancien premier ministre du Québec, chef du Bloc québécois au moment du vote, dédiait la victoire du OUI à René Lévesque. En point de presse mercredi dans les bureaux de Télé-Québec, Lucien Bouchard a reconnu avoir longtemps hésité avant d’accepter de prononcer son allocution devant les caméras du réalisateur Carl Leblanc. Un discours écrit «dans la fièvre du référendum», dans les bureaux du Bloc québécois à Montréal à quelques heures du moment de vérité. «Quand je l’ai relu, ça m’a remis dans l’atmosphère de cette soirée. Ça m’a beaucoup ému», a raconté l’ex-homme politique, qui pratique dorénavant le droit au sein du cabinet d’avocats Davies Wards Phillips & Vineberg.

Entre souveraineté et fédéralisme

D’une durée de 90 minutes, Nation, huis clos avec Lucien Bouchard, retrace les faits saillants du parcours politique du principal intéressé. Une trajectoire atypique composée de plusieurs allées et venues entre les options souverainiste et fédéraliste. Ces images d’archives sont entrecoupées de plusieurs extraits d’entrevue avec Lucien Bouchard. Réalisé dans une maison isolée en campagne en Estrie, cet entretien intimiste s’est étiré sur cinq jours. Au final, le réalisateur disposait de 22 heures de confidences. Le premier montage avoisinait les quatre heures. On songe d’ailleurs à concocter une série avec les séquences inutilisées.

Le documentaire aborde plusieurs sujets de front, dont l’amitié qui unissait Lucien Bouchard et Brian Mulroney dans les années 1980, mais qui s’est brisée quand l’accord du lac Meech a commencé à fléchir. Les chances de réconciliation entre les deux hommes demeurent très minces.

Autre fait saillant du film: quand Lucien Bouchard raconte comment Jacques Parizeau a coupé les ponts en fin de campagne référendaire. «Je n’ai pas beaucoup aimé la dernière journée, confie-t-il. Mario Dumont et moi étions incapables de parler à M. Parizeau. On n’était plus dans la game

Aujourd’hui, Lucien Bouchard comprend les agissements de son ancien confrère. «J’aurais probablement fait la même chose à sa place», dit-il.

Carte blanche

Lucien Bouchard avait donné carte blanche à Carl Leblanc et son équipe, notamment composée du journaliste Yves Boisvert, producteur associé du documentaire. Aucun droit de regard n’a été accordé au fondateur du Bloc québécois. «J’ai signé un chèque en blanc», a déclaré le sujet du long métrage.

Devant la caméra, Carl Leblanc exploite bien le caractère bouillant de Lucien Bouchard, qu’il provoque avec des questions parfois délicates. Charismatique, l’homme de 75 ans est vivant et loquace. Jamais ennuyeux. Sa passion pour les questions politiques crève l’écran, même s’il rejette l’idée d’un retour dans l’arène.

Concernant les récents déboires du Bloc québécois sous Mario Beaulieu, qui compte seulement 2 députés depuis le départ fracassant de Jean-François Fortin la semaine dernière (comparativement à 54 après les élections fédérales de 1993), Lucien Bouchard a indiqué aux journalistes qu’une réflexion s’imposait. «Pour moi, c’était un one shot deal, a-t-il rappelé. En 1993, c’était la première et dernière campagne.»

«Aujourd’hui, à certains égards, la présence du Bloc à Ottawa dilue le pouvoir politique du Québec dans la confédération», a-t-il ajouté.

  • Télé-Québec présentera Nation, huis clos avec Lucien Bouchard lundi à 21h. Fait rare pour Télé-Québec, aucune rediffusion n’est prévue, puisqu’on prévoit une sortie en salle du documentaire.
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