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Commission Charbonneau

Commission Charbonneau : Tony Accurso témoignera le 2 septembre

L’homme d’affaires témoignera finalement mardi 2 septembre

Tony Accurso
Photo d'archives / Agence QMI La commission Charbonneau attend Tony Accurso de pied ferme le 2 septembre prochain

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Tout porte à croire qu’il y aurait eu une entente entre la commission Charbonneau et Tony Accurso afin que l’homme d’affaires cesse de retarder son témoignage et se présente enfin à la barre le 2 septembre prochain.

Après de multiples rebondissements, Tony Accurso sera bel et bien le témoin vedette de la commission Charbonneau cet automne. Il entrera en scène dès la reprise des travaux publics, le 2 septembre, a confirmé hier le directeur des communications de la commission d’enquête, Richard Bourdon.

Initialement prévue le 25 août, la rentrée automnale été repoussée au 2 septembre, laissant à la commission une semaine supplémentaire pour préparer l’interrogatoire très attendu de M. Accurso qui devrait s’étendre sur quatre jours.

En l’espace d’un an, l’entrepreneur en construction a essuyé de nombreux revers, tant devant la Cour supérieure que devant la Cour d’appel et la Cour suprême, dans sa lutte judiciaire acharnée pour tenter d’échapper à son assignation à comparaître.

Entente ?

Cet été, il a par ailleurs demandé à la commission Charbonneau les documents et les transcriptions d’écoutes électroniques sur lesquels elle comptait s’appuyer pour mener son interrogatoire. Encore une fois en vain.

L’avocat de Tony Accurso, Me Louis Belleau, devait alors s’adresser à la Cour supérieure hier matin, pour contester le nouveau refus de la commission et avoir accès à cette preuve.

Mais ni Me Belleau, ni le procureur de la commission, Me Simon Tremblay, ne se sont présentés au Palais de justice. Plus tard en après-midi - et contre toute attente - la commission a confirmé la venue de Tony Accurso, se refusant à tout commentaire sur le sujet. De son côté, Me Belleau est resté silencieux lui aussi.

Tout porte à croire que les deux parties ont conclu une entente. «C’est probablement ça qui est arrivé», analyse Martine Valois, professeure de droit à l’Université de Montréal et conseillère principale à la rédaction du rapport de la commission Bastarache (concernant le processus de nomination des juges).

Écoute électronique

Selon elle, la commission Charbonneau ne fera certainement pas l’impasse sur les sujets qu’elle souhaite aborder avec M. Accurso. «Mais on peut penser qu’elle a accepté de lui envoyer certains éléments de preuve pour préparer son témoignage, comme les transcriptions de certaines écoutes électroniques qu’elle a l’intention de produire», a-t-elle en revanche supposé.

Cet automne, la commission siégera du lundi au jeudi et ne prendra pas de semaine de relâche toutes les trois semaines d’audiences, comme elle a eu l’habitude de le faire jusqu’ici.

Après M. Accurso, elle pourrait entendre l’ex-grand argentier du PLQ, Marc Bibeau puis se pencher sur les contrats d’Hydro-Québec, avant de prendre connaissance des mémoires des experts.

 

Ce qu’on a appris à la commission sur Tony Accurso
Tapis rouge
Accurso aurait bénéficié d’un accès privilégié au Fonds de la FTQ pour financer différents projets de ses entreprises, notamment grâce à ses liens d’amitié avec l’ex-président de la FTQ-C, Jean Lavallée.
Voyages sur le bras
Jean Lavallée a affirmé être parti une vingtaine de fois dans le Sud sur invitation et aux frais de M. Accurso, qu’il considère comme «un frère».
Générosité débordante
Parties de hockey dans sa loge, cures d’amaigrissement en Allemagne, virées sur son luxueux yacht: Tony Accurso aurait régalé sans compter l’ex-DG de la FTQ-C, Jocelyn Dupuis, et d’autres hauts placés syndicaux.
Forte influence
Dans des écoutes électroniques, Jocelyn Dupuis a dit que Tony Accurso s’ingérait allègrement dans les affaires de la centrale syndicale: «C’est lui qui dictait la ligne de conduite à Lavallée (ex-président FTQ-C).»
Confidences à Arsenault
D’autres écoutes électroniques ont laissé sous-entendre que l’ex-président de la FTQ, Michel Arsenault, et Tony Accurso étaient proches. L’homme d’affaires aurait même offert des boucles d’oreille à la femme de M. Arsenault d’une valeur de 12 500 $.
Collusion
Plusieurs entreprises de Tony Accurso auraient participé à un système de collusion pour se partager des contrats municipaux de construction à Montréal et Laval.

Ce que la commission souhaite éclaircir avec Tony Accurso
Ses relations avec la FTQ, la FTQ-C et le Fonds de solidarité
Le financement des partis politiques, tant provinciaux que municipaux
Ses activités dans la grande région de Montréal, sauf Mascouche et Laval (pour ne pas nuire aux procès à venir)
Ses contrats publics de construction obtenus avec le gouvernement provincial
L’utilisation de son yacht Le Touch
Ses liens avec des personnes liées au crime organisé
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