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Agression sexuelle

La défense de l’adjudant Gagnon dénoncée

Le militaire déclaré non coupable d’agression sexuelle sur Stéphanie Raymond

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Photo d’archives, Simon clark L’adjudant André Gagnon était resté imperturbable depuis le début des procédures.

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Le comité de la Cour martiale a acquitté de son accusation d’agression sexuelle l’adjudant André Gagnon ce matin.

La défense a tenté de salir de façon «odieuse» et «vulgaire» la réputation de Stéphanie Raymond durant le procès pour agression sexuelle qui s’est soldé par l’acquittement de l’adjudant André Gagnon, affirme notamment l’expert en droit militaire Michel Drapeau.

Le comité de la Cour martiale formé de cinq hommes a tranché. «Non coupable», a déclaré le plus haut gradé du groupe, qui n’a pas à expliquer la décision.

Il s’agit d’une défaite pour Stéphanie Raymond qui clamait haut et fort avoir été agressée sexuellement par l’adjudant au Manège militaire de Lévis le 15 décembre 2011, à la suite d’un dîner bien arrosé.

Resté jusqu’à présent imperturbable depuis le début des procédures, l’adjudant André Gagnon a soudainement sauté dans les bras de son avocat Me Philippe-Luc Boutin, démontrant de vives émotions. Dans la salle, sa femme, qui a assisté au procès, a laissé entendre un cri de joie, mélangé à des larmes. Après deux semaines de procès, l’homme tentera de retrouver une vie normale. «Il a témoigné de façon claire et précise en admettant les erreurs qu’il a commises. Ce qui n’a pas été le cas de Mme Raymond», indique l’avocat de l’adjudant, heureux d’avoir remporté son pari.

Me Boutin a aussi signifié que «Mme Raymond était de mauvaise foi», après avoir soutenu durant les procédures qu’elle était une «séductrice» et une «calculatrice».

Salissage

Des mots qui irritent l’avocat et expert du droit militaire Michel Drapeau. «Je trouve ça regrettable au plus haut point d’avoir dit que le jugement prouvait que Mme Raymond n’était pas de bonne foi. Je trouve ça exagéré à l’extrême. Cela n’a rien à voir avec la crédibilité. C’est odieux et vulgaire», a mentionné Me Drapeau, signalant que Stéphanie Raymond était «désappointée», mais «pas découragée» et qu’elle «va continuer à mener son combat».

Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel se porte aussi à la défense de la plaignante, affirmant que l’avocat de l’adjudant a essayé de salir la réputation de Mme Raymond.

«La défense a évoqué tous les préjugés qu’on peut accorder à une femme dans ce type de situation. C’est toujours la faute de la femme», dit Mélanie Sarroino, la représentante du regroupement, soulignant le courage de Stéphanie Raymond qui a osé dénoncer son histoire. Elle critique aussi la notion de consentement des victimes et qu’une simple croyance puisse permettre l’acquittement.

Défaite

Mais finalement, la poursuite n’a pas convaincu le comité. «On doit prouver hors de tout doute raisonnable chacun des éléments de l’infraction. Même si les membres du comité ne croient pas un accusé, ils peuvent quand même avoir un doute raisonnable basé sur son témoignage ou sur l’ensemble de la preuve», a assumé la procureure Marylène Trudel.

Stéphanie Raymond devrait s’adresser à la presse dans quelques jours.

 

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