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Agression sexuelle

Agression sexuelle : «J'ai vu toute l'agressivité dans ses yeux»

La victime d’un présumé agresseur sexuel a été longuement contre-interrogée

André Diotte ( chemise blanche)
Photo Agence QMI, Martin Alarie L’ex-courtier immobilier André Diotte (avec la chemise blanche) est accusé d’agression sexuelle sur une de ses clientes.

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«J’ai compris après qu’il avait pris du plaisir à me faire souffrir», a laissé tomber la victime d’un présumé agresseur sexuel, exténuée par les questions insistantes de l’avocat de la défense, qui l’a talonnée toute la journée.

«J’ai compris après qu’il avait pris du plaisir à me faire souffrir», a laissé tomber la victime d’un présumé agresseur sexuel, exténuée par les questions insistantes de l’avocat de la défense, qui l’a talonnée toute la journée.

Le procès d’André Diotte, un ancien agent immobilier accusé d’avoir agressé sexuellement et séquestré une de ses clientes, s’est poursuivi hier au palais de justice de Laval avec le contre-interrogatoire de la victime.

L’avocat de la défense, Me Francis Cloutier, est revenu en détail sur chacun des faits et gestes posés par l’agresseur présumé, faisant répéter à la femme - presque mot pour mot - ce qu’elle avait déjà déclaré la veille.

Pleine de sang-froid, celle-ci a répondu à chacune de ses questions de façon claire, et a rapporté une nouvelle fois les événements survenus le matin du 1er décembre 2011, lorsqu’André Diotte est entré chez elle pour évaluer le prix de sa maison.

Après avoir fait la tournée de la résidence, M. Diotte se serait rapidement montré insistant et explicite envers sa cliente. Il se serait jeté sur elle à deux reprises, allant jusqu’à l’agresser sexuellement sur le lit d’une des chambres de la maison.

Consentement

Tout au long de la journée, Me Cloutier a comparé les différentes versions exposées par la victime, d’abord aux enquêteurs de police quelques jours après les faits, puis lors de l’enquête préliminaire (septembre 2012) et enfin hier, à la barre.

«Comprenez bien monsieur que l’entrevue filmée (au poste de police), c’était sept jours après. Aujourd’hui, ça fait trois ans, donc il y a des détails qui m’échappent», a fini par lâcher la femme à l’avocat, masquant difficilement son agacement.

La défense semble vouloir démontrer que la présumée victime était consentante lors du rapport sexuel, mais à aucun moment cette dernière n’a modifié sa version des faits.

«Diotte n’était pas du tout un ami, juste un professionnel (...). C’était un agent immobilier, point final», a-t-elle aussi déclaré.

Elle a expliqué que le fait qu’elle le tutoyait n’était pas une forme de familiarité, car elle a l’habitude de passer du «vous» au «tu» dans ses conversations.

Des avertissements

Me Francis Cloutier a relevé quelques différences dans les versions de sa cliente, comme le fait qu’elle ait affirmé, à l’époque, avoir pris une douche après l’agression présumée, puis déclaré le contraire hier.

Il a également souligné qu’elle n’avait fait part de ses blessures sur les fesses que quelques jours après l’événement.

La cliente de M. Diotte a par ailleurs insisté sur le fait qu’elle avait sommé son agresseur de cesser de la toucher à maintes reprises. «J’ai pas arrêté de lui dire “arrête, calme-toi”.»

Au moment où il l’aurait plaquée face au mur, elle a répété avoir eu très peur. «J’ai dit “André, arrête, je ferai tout ce que tu veux, mais ne me fais pas de mal”», a-t-elle rapporté.

Mais l’agresseur aurait continué, en lui disant «chut, chut». Puis, il l’aurait retournée. «J’ai vu toute l’agressivité dans ses yeux. Je n’étais pas capable de bouger, j’avais très peur», a-t-elle poursuivi.

C’est à ce moment-là qu’il l’aurait emmenée dans la chambre et l’aurait forcée à lui faire une fellation.

Le contre-interrogatoire de la victime reprendra lundi 8 septembre. Un seul témoin sera ensuite présenté par la défense. On ignore s’il s’agira d’André Diotte.

 

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