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Implants électroniques

Des pratiques qui dérangent

Amal Graaftra
Courtoisie

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«J'ai reçu des menaces de mort de fanatiques religieux», admet Amal Gaafstra, fondateur de Dangerous Things, une compagnie qui vend des trousses contenant l'équipement nécessaire pour l'implantation de radio-étiquettes sous la peau.

«J'ai reçu des menaces de mort de fanatiques religieux», admet Amal Gaafstra, fondateur de Dangerous Things, une compagnie qui vend des trousses contenant l'équipement nécessaire pour l'implantation de radio-étiquettes sous la peau.

Il dit avoir vendu près d'un millier de ces trousses au coût de 99 $ à des adeptes du «biohacking» un peu partout dans le monde.

La puce s'insère avec une aiguille comme quand on se fait percer le nez ou le nombril.

Il est très difficile de trouver un médecin qui accepte de faire l’implantation, les «biohackers» se tournent normalement vers les salons de tatouage et de perçage.

Certains décident de le faire à la maison avec des résultats désastreux, comme on peut le voir dans certaines expériences sur YouTube.

Mal vu

Règle générale, la communauté scientifique est encore méfiante envers les cyborgs.

«Même dans la communauté médicale, la perception est encore négative par rapport à ce qu'on fait», dit Amal Gaafstra.

«C'est étrange parce que si l’on y pense, les gens avec des pacemakers sont encore plus cyborgs que nous. Je me considère plutôt comme un aventurier technologique. J'ai tout simplement transféré une carte d'accès dans ma main», dit-il.

Il y a tout de même des chercheurs qui voient cette communauté du bon œil.

«Je pense que c'est une caricature de les appeler cyborgs. Ces personnes nous ouvrent une fenêtre sur le futur, ils repoussent les limites et expérimentent. Grâce à eux, on n'aura bientôt plus besoin de 20 ou 25 mots de passe chaque jour pour fonctionner. Tout sera dans notre main», croit Anthony Guiseppi-Elie, professeur de bio-ingénierie à l'Université Clemson en Caroline du Sud.

Anonyme

Aux États-Unis et dans une grande partie de l'Europe, il est interdit pour les médecins d'implanter des parties électroniques si ce n'est pas pour des raisons médicales.

Trouver un médecin qui a accepté d'implanter l'antenne «Eyeborg» de Neil Harbisson a été compliqué. Un médecin de Barcelone a finalement accepté, sous couvert de l'anonymat.

«Ça a pris cinq semaines avant que les maux de tête cessent et cinq mois avant que mon cerveau fusionne avec la technologie. C'est à ce moment-là que je suis devenu un cyborg», dit celui qui compare son combat au tabou entourant les opérations de changement de sexe il y a quelques années.

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