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Bar Le Saint-Sulpice | Homosexuels

Le bar dit que c’était plus qu’un baiser entre hommes

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Un bar de la rue Saint-Denis se défend d’avoir expulsé vendredi soir deux jeunes gais pour s’être embrassés dans l’établissement.

Le propriétaire du Saint-Sulpice, Maurice Bourassa, prétend que son portier a plutôt montré la sortie aux deux étudiants pour s’être adonnés à des échanges en position couchée sur une rampe d'escalier, bouchant le passage d'une sortie de secours.

«Ce n’était pas juste un petit bec. Il y a des limites à ce qui est admissible en public. Qu’ils aient été hétérosexuels ou homosexuels, mon employé aurait fait la même chose», s’est défendu le tenancier.

Il s’est dit choqué qu’on ait accusé le portier d’avoir agi par homophobie. «Mon employé a seulement suivi les consignes de sécurité. Il n'a fait que son travail», affirme M. Bourassa.

Double discours

«Ça fait 34 ans que nous accueillons tout le monde dans notre établissement et nous allons continuer de le faire. Cette histoire est une tempête dans un verre d’eau», assure le patron du bar.

Gabriel Dion, un des deux étudiants expulsés, s’est entretenu avec le tenancier hier et exige maintenant des excuses formelles.

«Lorsque j’ai parlé à M. Bourassa au téléphone, il s’est excusé en privé, mais il continue de dire publiquement que nous avons été mis dehors pour des raisons de sécurité et pour indécence. Il doit s’excuser publiquement. Car en ce moment, on dirait qu’il tient un double langage», soutient le jeune homme de 20 ans.

M. Dion se défend de s’être retrouvé en «position horizontale» sur la rampe comme le soutient M. Bourassa. Il salue cependant le fait qu’il ait affirmé de manière claire que le bar est ouvert aux personnes de toutes les orientations sexuelles.

«J’avais demandé par courriel des explications et une déclaration publique à savoir si le bar accepte ou non les gais. Donc, je suis quand même content qu’il ait fait preuve d’ouverture», affirme-t-il.

Réactions partagées

La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal, qui avait exigé dimanche «des excuses et des mesures de prévention» de la part du bar, se dit satisfaite de la réponse du Saint-Sulpice.

Malgré des «versions des faits contradictoires (...), le fait que le Bar Saint-Sulpice affirme de manière non équivoque son ouverture aux personnes de toutes orientations sexuelles répond adéquatement à nos demandes», lit-on dans un communiqué de l’association.

De son côté, le directeur de Fierté Montréal n’a pas été convaincu par les explications de M. Bourassa.

«De mon point de vue, c’est inacceptable. Je ne crois pas que ce serait arrivé si le couple avait été hétérosexuel», juge Eric Pineault.

«Nous allons faire des pressions pour que le portier soit démis de ses fonctions», a-t-il annoncé.

M. Dion met également en doute les motifs qui ont mené à l’incident.

«Je crois que c’est un mélange de plein de choses. Mais si les raisons invoquées par M. Bourassa sont vraies, j’aurais préféré qu’on nous avertisse plutôt que de nous sortir», conclut l’étudiant.

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