/sports/hockey
Navigation
hockey junior

La Suède, un modèle à suivre ?

Le développement des jeunes joueurs est axé sur les habiletés individuelles

SPO-GRENOBLE-GAP
Photo Agence QMI, Andrea Schmitz Richard Martel a observé le développement des jeunes joueurs de hockey en Suède au cours des deux dernières années alors qu’il dirigeait le club Visby Roma. Il est maintenant l’entraîneur-chef des Brûleurs de Loups de Grenoble, en France.

Coup d'oeil sur cet article

Le Québec devrait s’inspirer de la Suède pour améliorer la qualité de son hockey mineur, selon les propos de Richard Martel.

Le Québec devrait s’inspirer de la Suède pour améliorer la qualité de son hockey mineur, selon les propos de Richard Martel.

Alors que la saison va bientôt commencer à travers la province, il faut se demander si les décideurs du hockey québécois ne devraient pas regarder ce qui se fait en Europe pour rehausser les standards.

La fédération de hockey du Québec pourrait très bien calquer le modèle suédois, qui met l’accent sur les habiletés individuelles très tôt dans le cheminement des jeunes joueurs.

Fort d’une expérience de plus de 20 ans dans la LHJMQ, l’ancien entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi Richard Martel s’est expatrié en Suède au cours des deux dernières années. Il a attentivement observé la progression des hockeyeurs suédois.

Connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche, il s’était attiré les critiques il y a quelques années lorsqu’il avait osé dire que les Européens avaient de meilleures aptitudes individuelles. Il confirme maintenant qu’il avait raison.

Selon lui, ce n’est pas un hasard s’ils ont pris du galon au fil des dernières années. Ceux qui ont épié les divers programmes du hockey mineur canadien pour les mettre en application dans leurs pays respectifs il y a plusieurs années peuvent maintenant figurer comme des exemples à suivre.

Les résultats sont révélateurs. La sélection nationale suédoise est montée sur le podium à six reprises au cours des sept dernières années au Championnat du monde de hockey.

Au chapitre des joueurs sélectionnés au repêchage de la Ligue nationale, le Québec a quant à lui reculé depuis 2004 malgré un soubresaut à l’encan 2013.

Progression rapide

Non seulement les Suédois sont conviés à des entraînements sur la glace tous les jours, mais la majeure partie de leur séance est réservée au développement des habiletés individuelles. Le système de jeu n’est pas inculqué avant l’âge de 14 ans. Jusqu’à cet âge, ils sont appelés à évoluer à toutes les positions pour développer leurs habiletés.

«Ils doivent toujours avoir des exercices d’habiletés individuelles parce qu’ils ont besoin de ça. Ils mettent énormément de temps là-dessus. Ils ont besoin de jouer avec la rondelle, de patiner, de virer brusquement et de tirer. Ça leur prend ça, sinon ils virent fous», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique avec Le Journal, alors qu’il dirige maintenant les Brûleurs de Loups de Grenoble, une équipe de la Ligue Magnus en France.

«Ils ne se cassent pas la tête avec les systèmes, a-t-il poursuivi. Ils développent leur sens du jeu en pratiquant toutes les situations. Il n’y a pas de joueurs de rôle là-bas.»

Apprendre des autres

Selon lui, les Québécois et les Canadiens pourraient apprendre du programme instauré en Suède. «Je me suis rapidement aperçu que ça patine bien et que les joueurs maîtrisent leurs habiletés très jeunes. Les Suédois se positionnent maintenant parmi les meil­leures équipes mondiales. Leur hockey a progressé. Ils ont mis les bouchées doubles.»

Au Québec, selon les fiches descriptives du développement des joueurs, 40% du temps de glace d’une séance sont réservés aux tactiques individuelles pour les jeunes âgés de 11 et 12 ans. Dans la catégorie supérieure, au niveau bantam, elles sont aussi importantes que le jeu collectif, à égalité à 35%.

«C’est certain qu’ils ont des choses à apprendre de l’autre côté (de l’océan Atlantique), a figuré Martel à propos du programme canadien qu’il dit reconnu à travers le monde. Ils le savent, ce ne sont pas des fous. Ça fait cinq ans qu’ils n’ont pas gagné la médaille d’or.»

Toutefois, Martel est bien conscient que les conditions ont changé depuis ses débuts en tant qu’entraîneur au Québec. Autrefois, les instructeurs pouvaient choisir dans la masse puisque la pratique du sport était répandue. Maintenant, ils doivent piger parmi les joueurs inscrits et ceux qui sont capables de payer des prix souvent exorbitants selon les catégories.

À lire demain: L’expérience enrichissante de Richard Martel en Europe

 

Hockey québécois
4 Points à améliorer
1
Habiletés individuelles
Les joueurs doivent patiner, lancer, manier la rondelle, changer de direction dans des exercices qui occupent la majeure partie d’une séance d’entraînement sur glace.
2
Entraîneurs qualifiés
Il faudrait que les entraîneurs soient formés et payés pour occuper leurs fonctions. Cela permettrait aux jeunes joueurs de bénéficier du meilleur encadrement possible pour leur développement
3
Augmenter les entraînements sur glace
La fréquence des entraînements est directement liée à la progression du joueur. Plus il se retrouve sur la glace souvent pour pratiquer ses habiletés, plus il progressera.
4
Rendre le hockey plus accessible
La pratique du hockey est devenue de plus en plus dispendieuse. Le coût de l’équipement a grimpé et celui des inscriptions aussi. Diminuer les coûts permettrait de réunir et de retenir un plus large bassin de joueurs.
Commentaires