/news/society
Navigation
Biohackers

Le phénomène des cyborgs aux États-Unis

Ils s’implantent des puces, des aimants ou des antennes

Amal Graaftra
Courtoisie Dangerous Things

Coup d'oeil sur cet article

On les appelle cyborgs, biohackers ou grinders. Dans les sous-sols et garages un peu partout aux États-Unis, une nouvelle génération d'aventuriers technologiques s'implantent des puces, des aimants ou des antennes pour amplifier leurs sens.

NEW YORK | On les appelle cyborgs, biohackers ou grinders. Dans les sous-sols et garages un peu partout aux États-Unis, une nouvelle génération d’aventuriers technologiques s’implantent des puces, des aimants ou des antennes pour amplifier leurs sens.

Neil Harbisson est une des personnalités les plus connues de cette communauté.

L’homme de 31 ans est né avec une absence totale de vision des couleurs, une pathologie nommée achromatopsie.

En 2003, il a réussi à fabriquer une antenne qu’il a surnommée Eyeborg.

Plantée à l’arrière de son crâne, elle convertit les couleurs en ondes sonores. Il entend donc les couleurs au lieu de les voir. Il perçoit, par résonnance osseuse, plus de 360 couleurs, allant de l’infrarouge à l’ultraviolet.

«Je me sens en quelque sorte plus proche des insectes à antennes et des animaux qui peuvent voir d’autres rayonnements», dit-il, en entrevue depuis New York.

Clés en main

À l’autre bout du pays, à Seattle, Amal Gaafstra peut, d’un mouvement de la main, déverrouiller la porte de sa maison et de sa voiture.

Il peut aussi activer son téléphone et son ordinateur. Il n’a pas transporté de trousseau de clés depuis dix ans et n’a pratiquement plus besoin d’utiliser de mots de passe.

En 2005, l’homme de 38 ans s’est fait implanter deux radio-étiquettes dans chaque main, entre le pouce et l’index.

Les puces, de la taille de grains de riz, sont programmées pour déverrouiller, mais aussi transmettre de l’information et envoyer des liens URL.

Amal peut par exemple, en glissant sa main au-dessus d’un téléphone Android, transmettre les informations de sa carte d’affaires à une autre personne ou le lien d’une vidéo YouTube.

«La guérison et l’adaptation prennent quelques semaines, mais après, on arrête d’y penser et la technologie fait partie de nous. Je sens que mes capacités en tant qu’être humain sont augmentées», dit-il.

Écouteurs internes

En Utah, Rich Lee, un vendeur de 34 ans, s’est fait implanter des aimants dans les oreilles pour entendre de la musique. Il a créé les premiers écouteurs internes.

La fascination pour les cyborgs remonte au 19e siècle avec des films comme Frankenstein et plus tard, RoboCop, La Femme bionique et Terminator.

Le pionnier de ce mouvement est Kevin Warwick, un professeur de cybernétique au Royaume-Uni et auteur du livre, «I, Cyborg».

En 1998, il s’est implanté une puce dans l’avant-bras permettant d’ouvrir des portes et d’éteindre ou d’activer les lumières. Il a même réussi à connecter son système nerveux à celui de sa femme, créant une nouvelle forme de télépathie.

«Le jour viendra où les gens se demanderont, quel est ton 6e sens? Quelle partie électronique portes-tu?» croit Neil Harbisson.

Pour faire avancer la recherche, il a créé la Cyborg Foundation à Barcelone et New York. Elle réunit artistes, designers, ingénieurs informatiques et médecins.

«Notre mission est d’aider les gens à devenir des cyborgs et défendre leurs droits. Les gens ont encore peur de l’union entre l’homme et la technologie», conclut-il.

 

Commentaires