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Le tennis britannique profite de l'expertise du vétéran entraîneur québécois Louis Cayer

Le tennis britannique profite de l’expertise du vétéran entraîneur Louis Cayer

À 28 ans, la carrière de Jamie Murray (droite) prend un nouvel élan grâce à la contribution de Louis Cayer.
Photo Louis Butcher À 28 ans, la carrière de Jamie Murray (droite) prend un nouvel élan grâce à la contribution de Louis Cayer.

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NEW YORK | Pendant 90 minutes, samedi, Jamie Murray s’est entraîné sous la supervision de Louis Cayer sur le court numéro 6 du complexe de tennis de Flushing Meadows.

Depuis maintenant sept ans, l’entraîneur québécois est le responsable du programme de l’équipe de double au sein de la «Lawn Tennis Association (LTA)» en Grande-Bretagne.

«C’est la seule Fédération de tennis au monde, a-t-il rappelé, en entrevue au Journal samedi, qui n’est pas identifiée au nom du pays. “Lawn” fait évidemment allusion à Wimbledon.»

La réputation de Cayer n’est plus à faire. Depuis plus de 40 ans, il est engagé dans le monde du tennis à prodiguer ses conseils et à donner des conférences.

Avant d’accepter un nouveau défi en Angleterre en avril 2007, il s’est d’abord fait connaître au Club de L’Île-des-Sœurs, où il a été professionnel pendant plusieurs années, avant de se joindre à Tennis Canada pour y occuper notamment le rôle de capitaine de l’équipe nationale en Coupe Davis.

C’est en participant à un séminaire en Angleterre que sa carrière a pris un vira­ge inattendu.

Il y a rencontré sa future épouse, Stella, une Britannique impliquée dans le tennis, qui a accepté de venir s’établir à Saint-Sauveur, où il résidait.

Mais pas pour longtemps. Après un an et demi, l’appel de sa terre d’origine est venu. Elle a choisi de retourner chez elle.

«Je me suis alors demandé si on mettait fin à notre relation. Mais, finalement non. Un poste s’est ouvert à la Fédération britannique et j’ai été recruté, à ma grande joie. C’était alors plus facile pour moi de quitter le Québec avec un bon travail qui m’attendait.»

Depuis, l’histoire d’amour se poursuit. Le couple a un fils, Sebastian, âgé de trois ans.

Relancer le tennis

Son mandat à la Fédération était on ne peut plus clair: relancer le tennis en Angle­terre.

«On a fait appel à des entraîneurs d’expérience, venus de partout à travers le monde, relate-t-il, dont Brad Gilbert. On a pensé à moi du fait des succès que le Canada a connus en Coupe Davis et dans les grands tournois à travers le monde.»

Les spécialistes du double Daniel Nestor et Sébastien Lareau [médaillés d’or aux Jeux olympiques de Sydney en 2000] sont des élèves de Cayer.

«Oui, j’en suis très fier, poursuit-il. Et c’est exactement ce que j’ai voulu faire en Grande-Bretagne.»

En quelques années, ce pays, grâce à l’expertise de Cayer, est devenu une puissance du tennis en double.

«Quand je suis arrivé là-bas, le meilleur joueur de double occupait le 130e rang mondial. Mon objectif était de produire quatre joueurs de la spécialité parmi les 100 premiers. On a fait encore mieux. Dix représentants de la Grande-Bretagne figurent aujourd’hui dans le top 100. C’est très valorisant.

«J’ai réussi à convertir des joueurs disons plafonnés en simple en d’excellents joueurs en double, comme Jamie Murray, le frère d’Andy. Il fait maintenant partie des 30 premiers au monde.

«Oui, je peux dire que j’ai atteint mes objectifs, mais ma mission n’est pas encore terminée.»

Ennuis de santé

À 61 ans, Louis Cayer n’a pas l’intention de raccrocher sa raquette malgré de sérieux ennuis de santé qui l’ont forcé au repos pendant près de trois mois ce printemps.

«J’ai été victime de plusieurs infections pulmonaires depuis octobre dernier, dont une très grave [pleurésie] en avril, indique-t-il. J’ai évité l’opération, grâce à une médication dynamique qui fait appel à la cortisone. Les effets secondaires l’ont fait grossir d’une trentaine de livres. On m’a aussi prescrit des antibiotiques pendant un an. Mais, là, ça va bien.»

Cayer est heureux de renouer avec les tournois de tennis, surtout les grands rendez-vous comme l’US Open.

«C’est magique, rien ne vaut l’ambiance d’un Grand Chelem.»

Maintenant qu’il a retrouvé la santé, Cayer est comblé de pouvoir se consacrer à temps plein à son sport.

«Je peux enfin retrouver mon rythme normal de travail et me rendre à une vingtaine de tournois par année. J’ai roulé ma bosse, explique-t-il, mais, malgré mon âge, j’ai encore le feu sacré et cette volonté de vouloir participer à l’essor de mon sport.»


Pour sa contribution au sport pendant toutes ces années, Louis Cayer a été intronisé au Panthéon du tennis canadien lors d’une cérémonie qui s’est déroulée dans le cadre de la Coupe Rogers à Montréal, en août 2013.

 

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