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Vivre selon nos moyens

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La semaine dernière, le journal The Gazette a publié un reportage sur le salaire des cadres de la Société de transport de Montréal (STM).

La semaine dernière, le journal The Gazette a publié un reportage sur le salaire des cadres de la Société de transport de Montréal (STM).

On a ainsi appris que le salaire moyen des cadres de cette entreprise publique était de 226 000 $.

Le directeur général Carl Desrosiers gagne 327 000 $ !

Ça roule à la STM!

De passage à Québec Matin que j’anime à LCN, Philippe Schnobb, président de la STM, a dit que le salaire des cadres de l’entreprise n’était pas disproportionné.

« Il est comparable à celui que reçoivent les cadres de la Toronto Transit Commission », a-t-il lancé.

Se pourrait-il que la ville de Toronto soit en meilleure santé financière que Montréal ? Qu’elle a des moyens que la ville de Montréal n’a pas ? Que ses poches soient plus profondes et son portefeuille, mieux garni ?

Chaque fois qu’on ose remettre en question le salaire des cadres de nos organismes publics, on a droit à la même réponse. « Leur salaire est comparable à celui que les cadres de telle ou telle ville (ou telle ou telle province) reçoivent… »

Et si on vivait selon nos moyens au lieu de vivre selon les moyens des autres ?

Montréal n’est pas Toronto. Montréal est Pittsburgh.

De même, le Québec n’est pas l’Alberta ou l’État de New York, mais l’une des provinces les plus pauvres du pays.

Le voisin gonflable

Le Québec ressemble à un banlieusard jaloux qui veut à tout prix imiter son voisin.

« Le voisin a une piscine creusée ? Je vais m’acheter une piscine creusée ! Il agrandit son garage ? Je vais agrandir mon garage ! »

Qu’importe si le voisin roule sur l’or et si je roule sur ma marge de crédit : l’important est de sauver les apparences. Après tout, « vous êtes plus riche que vous ne le croyez », comme le dit la banque Scotia.

Alors un coup de « tchick-a-tchick », et l’affaire est ketchup.

En 1988, le gouvernement de Terre-Neuve a signé une entente accordant l’équité salariale aux employées du secteur des soins de santé — une promesse qui aurait coûté 24 millions de dollars à la province. Mais peu de temps après la signature de cette entente, les finances de Terre-Neuve ont piqué du nez.

Le gouvernement de Terre-Neuve s’est donc tourné vers ses fonctionnaires et a dit : « Désolé, mais nous n’avons plus les moyens de vous donner l’augmentation que nous vous avions promis. Ça sera partie remise, lorsque nous serons sortis du trou… »

Furieux, les syndicats ont décidé de poursuivre le gouvernement afin de l’obliger à tenir sa promesse, crise ou pas crise. Mais la Cour Suprême du Canada a donné raison au gouvernement de Terre-Neuve. « À crise financière exceptionnelle, mesures exceptionnelles », ont tranché les juges.

C’est bien beau, les principes, encore faut-il avoir les moyens de les appliquer…

Rouler carrosse 

On peut se permettre d’être généreux quand on est riche. Pas quand on est pauvre comme le Québec.

On ne se promène pas en limousine quand on n’est pas capable de s’acheter des souliers neufs. De même, on ne paie pas des cadres 327 000 $ quand on a une dette de 269 milliards.

 

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