/opinion/columnists
Navigation

Tous syndiqués !

Certaines éducatrices parlent même d’insistance et de pression qui peut s’assimiler à une forme d’intimidation

Coup d'oeil sur cet article

Voilà une revendication très rare: les membres de l’Association des éducateurs et éducatrices en milieu familial (AEMFQ) réclament au gouvernement d’être traités comme des travailleurs autono­mes. Ils refusent d’être considérés comme des salariés syndiqués. Curieusement, le gouvernement du Québec se traîne les pieds dans cette négociation. Il me semble que les libéraux devraient au contraire avoir un penchant favorable pour leurs demandes.

Voilà une revendication très rare: les membres de l’Association des éducateurs et éducatrices en milieu familial (AEMFQ) réclament au gouvernement d’être traités comme des travailleurs autono­mes. Ils refusent d’être considérés comme des salariés syndiqués. Curieusement, le gouvernement du Québec se traîne les pieds dans cette négociation. Il me semble que les libéraux devraient au contraire avoir un penchant favorable pour leurs demandes.

La distinction n’est pas un simple détail juridique. Elle est fondamentale. Avons-nous encore le droit au Québec de gagner notre vie sans être syndicalement embrigadés? Et clairement, l’intérêt d’un gouvernement libéral qui veut réformer l’État et assainir les finances publiques devrait être de

s’allier avec des éducateurs en milieu familial qui ne veulent pas le modèle syndical à tout prix.

Victoires syndicales

Le cas des services de garde en milieu familial est très particulier. Ce sont des gens qui gardent des enfants à leur propre domicile, ils ont payé pour les aménagements nécessaires, ils payent la nourriture, les jouets, les fournitures. En échange, ils reçoivent pour chaque enfant un montant des parents plus une subvention du gouvernement. Les revenus moins les dépenses, c’est ce qu’il leur reste comme gagne-pain. Décrit en ces termes, il me semble que ça ressemble pas mal au statut d’un travailleur autonome. Or, au fil des années, voyant l’attrait de ces centaines de cotisants poten­tiels, les syndicats ont mené des batailles épiques devant les tribunaux pour faire reconnaître le droit à la syndicalisation des responsables de services de garde en milieu familial. Et ils ont obte­nu gain de cause. Toutefois, certains d’entre eux refusent toujours le modèle syndical et l’enjeu aujourd’hui est à savoir si le gouvernement va les faire passer en dessous de la table.

Les tribunaux ont choisi de mettre en haut de l’échelle de nos valeurs le droit d’association pour permettre la syndicalisation de personnes qui ont les caractéristiques de travailleurs autonomes. Mais nous sommes en train de pousser la logique un cran plus loin. Ce droit d’association peut-il aller jusqu’à mettre au ban ceux qui aiment ce statut de travailleur autonome et qui veulent être traités en conséquence?

Faire chanter

On comprend l’intérêt syndical. Une fois que la CSQ et la CSN auront syndiqué tous les CPE et tous les services en milieu familial, vous imaginez la force de frappe, la capacité de faire chanter le gouvernement? Un beau matin, vous menacez de fermer tous les services de garde, vous paralysez complètement le Québec. L’activité économique autant que les services publics seront lourdement perturbés par des milliers de parents mal pris pour quitter la maison.

Le maraudage qui s’exerce présentement sur les membres de l’AEMFQ pour rejoindre un syndicat et abandonner la vision «travailleur autonome» est tout simplement indécent. Certaines éducatrices parlent même d’insistance et de pression qui peut s’assimiler à une forme d’intimidation. Le droit de se syndiquer dans la garde en milieu familial, c’était gros. La tyrannie contre ceux qui pensent autrement c’est trop!

 

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.