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Hockey Junior

Une expérience qui vaut de l'or

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Photo Andrea Schmitz / Agence QMI

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Richard Martel est très heureux en Europe. L’air de la Suède, où il a vécu ces deux dernières années, lui a fait le plus grand bien.

Richard Martel est très heureux en Europe. L’air de la Suède, où il a vécu ces deux dernières années, lui a fait le plus grand bien.

L’ancien entraîneur-chef des Saguenéens de Chicoutimi ne pouvait demander mieux comme endroit où poursuivre sa carrière, lui qui est maintenant à la barre des Brûleurs de Loups de Grenoble, une équipe de la Ligue Magnus de France.

Plus d’un an après son congédiement des Sags, il s’était tourné vers un club professionnel de troisième division de Suède, le Visby Roma, afin d’élargir ses connaissances. Il peut maintenant confirmer que cette aventure lui a servi de tremplin et lui a ouvert les portes de l’Europe.

«C’était pour moi une occasion en or d’aller faire du hockey ailleurs, de diriger des professionnels et de me familiariser avec l’Europe, a répondu un Richard Martel épanoui et en grande forme au bout du fil, en conversation avec Le Journal. J’avais encore beaucoup à apprendre. Je suis tombé dans un endroit incroyable.»

Durant son périple nordique, il a saisi l’opportunité de travailler et d’échanger avec les grands entraîneurs et joueurs suédois. Il a dû s’ajuster à leur système et à leur philosophie de jeu. Une chance extraordinaire d’ouvrir ses horizons, selon lui. «C’est de l’or en barre!»

Un saut en France

Au terme de sa deuxième saison chez le Visby Roma, l’homme de hockey âgé de 53 ans a décidé de s’attaquer au marché français quand il a su que le poste d’entraîneur-chef des Brûleurs de Loups s’était libéré.

Même s’il désirait rester en Suède, l’occasion était beaucoup trop alléchante. Il s’est présenté à Grenoble comme un cheveu sur la soupe pour finalement devancer les candidats en lice.

Une nouvelle règle instaurée pour relever le calibre de jeu l’a incité à faire le saut dans le sud-est de la France: les équipes de la Ligue peuvent dorénavant aligner 10 joueurs étrangers.

«Sans cette règle, je serais sûrement resté en Suède. Quand tu y penses bien, 10 joueurs te permettent de combler tes deux premiers trios et tes quatre meil­leurs défenseurs. J’ai eu le feu vert pour le recrutement», a-t-il dit, alors qu’il a retrouvé plusieurs anciens porte-couleurs de la LHJMQ.

Sous les feux de la rampe

Du même coup, Martel revient sous les feux de la rampe dans un marché où le hockey occupe une place importante. Il sait très bien que ses moindres faits gestes seront épiés. Toutefois, c’est un entraîneur bien différent que celui qu’ont connu les Québécois qui s’est présenté à Grenoble.

«J’ai changé, a dit sur un ton sarcastique le natif de Chicoutimi qui est l’entraîneur ayant accumulé le plus de victoires, 589, dans l’histoire de la LHJMQ. Je suis différent. J’ai évolué. J’ai dirigé des pros, en Suède. J’avais besoin de ça après toutes mes années dans le junior. J’ai eu affaire à des adultes et j’ai dû vivre leur réalité, qui est différente.»

De son propre aveu, il est plus calme et plus à l’écoute de ses joueurs dans sa façon de diriger. Le bagage d’expériences qu’il a accumulé vaut son pesant d’or.

Sans attaches

Comme il l’avait fait en Suède, Martel nage à contre-courant. Si la plupart des entraîneurs cherchent à signer des contrats à long terme avec une organisation, lui n’a pas l’intention de se cramponner et ne voit pas plus loin qu’une année à la fois.

À la grande surprise des dirigeants des Brûleurs de Loups qui lui offraient un pacte de deux ans lors de son embauche cet été, il a plutôt apposé sa signature au bas d’un contrat d’une seule saison.

«Au point où j’en suis rendu dans ma carrière, je n’ai pas besoin de sécurité avec mon expérience. Mon nom est fait. Les gens me connaissent. Je veux diriger en ayant du plaisir, a-t-il expliqué avec aplomb. Je ne veux pas être pris si quelque chose de nouveau s’offre à moi.»

«Si l’organisation n’est pas intéressée après un an, je ne veux pas m’accrocher à un contrat, a ajouté celui qui se dit en phase d’observation. Si je ne suis pas heureux, ce n’est certainement pas l’argent qui va déterminer si je reste ou non.»

Martel se plaît à Grenoble depuis son arrivée, il y a un mois. Il est à la barre d’une formation qui évolue dans une ligue compétitive. Il estime qu’il est possible d’apprendre dans n’importe quel circuit, c’est d’ailleurs pourquoi il refuse de s’attacher pour de longues années.

Sa première saison derrière le banc des Brûleurs de Loups commencera le 13 septembre face aux Albratros de Brest. Au terme de celle-ci, il évaluera ses options. À l’image d’Alexandre le Grand, il pourrait se lancer à l’assaut d’un nouveau marché en Europe!

 

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