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Laval | Rapport de la VG

Laval : déficience dans l’octroi des contracts informatiques

Michèle Galipeau
/ QMI Michèle Galipeau

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Plusieurs déficiences existent dans l’octroi et la gestion des contrats informatiques de la Ville de Laval qui a dépensé plus de 16,4 M$ en la matière l’an dernier, a relevé la Vérificatrice générale (VG) dans son rapport annuel rendu public hier.

Plusieurs déficiences existent dans l’octroi et la gestion des contrats informatiques de la Ville de Laval qui a dépensé plus de 16,4 M$ en la matière l’an dernier, a relevé la Vérificatrice générale (VG) dans son rapport annuel rendu public hier.

«L’analyse des options offertes sur le marché visant à s’assurer que l’acquisition (...) est le choix le plus avantageux pour la Ville et (se fait dans) les meilleures conditions ne fait pas partie intégrante du processus d’octroi de contrats en technologie de l’information», note la VG Michèle Galipeau dans son rapport 2013.

Si elle n’a pas relevé de non-conformité au sens de la loi, elle souligne que plusieurs améliorations aux procédés lavallois sont nécessaires puisqu’on parle de «gros montants».

Ces améliorations seraient d’ores et déjà en chantier à l’heure actuelle puisque la Ville a récemment chargé un employé de réaliser les études de marché en informatique, ajoute-t-elle.

C’est qu’alors même que Laval a acheté pour 16,4 M$ en informatique en 2013, la VG a observé dans son examen «des lacunes (dans) la préparation des appels d’offres ainsi que le suivi de l’échéance des contrats».

C’est en ce qui concerne la collaboration entre les différents services municipaux impliqués que le bât blesse, dit-elle. Leurs difficultés de coordination entraînent des délais et, du coup, des frais supplémentaires pour la Ville.

Risques en immobilier

Les transactions immobilières de Laval sont aussi au centre du rapport de la VG. Lacunes en gouvernance, en encadrement, en reddition de compte : l’immobilier ne se fait pas sans risque à Laval, déplore la VG.

«La Ville n’a pas de vision immobilière stratégique intégrée afin de s’assurer de l’efficience du processus à long terme, de la réalisation d’économies par des acquisitions et des ventes stratégiques», peut-on lire dans le rapport de la VG.

«Il n’y a pas de porteur de ballon en matière immobilière à Laval», a-t-elle résumé en conférence de presse.

Le tout fait dire à la VG, qu’encore aujourd’hui, Laval n’est pas à l’abri de transactions douteuses, telle que la revente en 2010 d’un terrain de la Ville à un concessionnaire BMW qui avait fait couler beaucoup d’encre.

«C’est un très bel exemple (du manque de vision)», note la VG.

En 2010, une entreprise contrôlée par la famille Rizzuto de Laval a fait un profit de 1,2 M$ en vendant un terrain neuf mois après l’avoir acheté à la Ville pour près de quatre fois le prix.

«Le problème, c’est que l’estimation de la valeur du terrain a été faite par la Ville deux ans avant la vente. Entre-temps, la valeur avait grimpé», explique Mme Galipeau.

Entre 2010 et 2013, Laval a procédé à 326 acquisitions pour une valeur totale de 19,8 M$ et 127 ventes pour 6,5 M$.

«Ils dorment?»

Au-delà des problèmes soulevés par la VG, c’est surtout la réponse qui a été donnée aux recommandations passées qui a fait sursauter le chef de l’Opposition, Jean-Claude Gobé. En effet, seulement 28% des recommandations faites à pareille date l’an dernier ont été suivies par l’administration.

«C’est inacceptable. Il n’y a rien qui a été fait! C’est juste du bla-bla politique, s’exclame M. Gobé. Qu’est-ce qu’ils font? Ils dorment?»

Enjeux principaux soulevés par la VG : 

  • Manque de reddition de comptes
  • Des politiques sont mises en place sans que soient développés au préalable des outils nécessaires pour appliquer ces politiques et les gérer
  • Dans les processus qui impliquent plusieurs services, chaque intervenant n’a pas de vision globale de l’action qui est en train d’être menée par la Ville.
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