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Un regard sur le référendum Écossais

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Le 18 septembre prochain, l'Écosse tient son premier référendum sur son indépendance. Et alors que la campagne touche à sa fin, le OUI semble en progression, du moins selon plusieurs médias durant les derniers jours.

Avant de regarder les sondages, remarquons que la campagne Écossaise a été bien différente de celles ayant eu lieu au Québec. En particulier, il y a eu une collaboration bien plus importante entre les indépendantistes et le gouvernement Britannique. Et la question posée est des plus claire qu'il soit: "L'Écosse devrait-elle être un pays indépendant?" (ce que Bernard Drainville lui-même a salué il y a quelques semaines, ce qui lui avait valu des salutations de Stéphane Dion).

Alors, est-ce que le OUI peut gagner? La reponse simple est oui mais cela reste improbable. Le graphique ci-dessous montre l'évolution des sondages (source: the Scottish Telegraph) et on voit que le NON reste devant systématiquement. Wikipédia a la même chose.

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Et bien que les indépendantistes bénéficient actuellement d'un léger momemtum et qu'il y a assez d'indécis pour remonter la pente, il faut bien se rendre compte que cela reste hautement improbable. En particulier, les indécis devraient finalement opter pour le NON (l'option "sure", la continuation du statu quo). Dans les faits, je dirais que si la situation était inversée (le OUI en avance par 5-7 points et 10-13% d'indécis), je resterais sceptique des chances du OUI. Ce n'est pas un biais personnel, mais les indécis choississent en général l'option moins "risquée".

En utilisant les sondages parus en 2014, il y a une très légère corrélation négative entre la proportion d'indécis et l'avance du camp du NON mais elle n'est absolument pas significative. Ainsi, je doute qu'il y ait des "indépendantistes cachées" auprès des indécis. Dans le meilleur des cas, ces indécis se répartiront 50-50, dans le pire ils voteront NON.

Les médias faisaient beaucoup de bruit récemment concernant la remontée du OUI (parlant carrément d'écroulement du NON) mais se baser sur un seul sondage est une grosse erreur (surtout lorsque la firme en question, YouGov, était la seule à avoir le NON autant en avance auparavant). Le OUI peut techniquement l'emporter, mais cela reste de loin l'option la moins probable. Le fait que TOUS les sondages publiés ont le NON en avance ne laisse vraiment pas plâner beaucoup de doute.

8 commentaire(s)

Gilles Bousquet dit :
3 septembre 2014 à 20 h 17 min

Si le NON l'emporte par une faible majorité, comme il semble que ça va être le cas, ça va être quoi la suite ? La dévolution de quels pouvoirs à l'Écosse ? Taxation directe ? L'armée ? Plus grande part dans les recettes du pétrole ? What ?

Jean-Luc Proulx dit :
6 septembre 2014 à 21 h 09 min

Selon yougov.com, le OUI est à 51% et le NON à 49%. Personnellement, je crois que le NON a perdu le débat qu'il ne devait pas perdre. Si ça continue, ça risque d'être une vague OUI en Écosse.

Chose certaine, un OUI en Écosse le 18 septembre et en Catalogne le 9 novembre, ce serait une gifle bien méritée pour Harper et Couillard.

Robert Lachance dit :
9 septembre 2014 à 5 h 36 min

J'ai lu ceci sur Wikipédia pour avoir demandé référendum Écosse chez Google :

"C'est le troisième référendum sur le statut de l'Écosse au sein du Royaume-Uni, après ceux du 1er mars 1979 et du 11 septembre 1997."

Dans Historique.

Luc saucier dit :
9 septembre 2014 à 16 h 34 min

Jean Luc Proulx : "Chose certaine, un OUI en Écosse le 18 septembre et en Catalogne le 9 novembre, ce serait une gifle bien méritée pour Harper et Couillard."

C'est n'importe quoi ce commentaire !! En quoi un "oui" en Écosse pourrait être une gifle pour Couillard ?? Comme si le premier ministre du Québec avait quelque responsabilité que ce soit dans ce résultat ! C'est encore de la pensée magique de séparatistes québécois, qui ne savent plus à quelle bouée se raccrocher.

Gabriel Larivière dit :
9 septembre 2014 à 16 h 58 min

Vous devriez mettre ce billet à jour. Selon le dernier sondage TNS, le OUI est à égalité avec le NON (41% contre 41%). Selon le sondage d'Alex Salmon, le OUI serait à 54%. Selon un sondage réalisé peu de temps après le deuxième débat, lw OUI serait à 53% à Glasglow.

Jean-Luc Proulx dit :
10 septembre 2014 à 1 h 03 min

@ Robert Lachance.

Il s'agit du premier référendum pour l'indépendance en Écosse. Les deux autres, c'était pour créer le Parlement écossais et donner le pouvoir de taxation.

@ Luc Saucier.

Incapable de voir qu'un OUI en Écosse et en Catalogne dégonfle la balloune fédéraliste que l'indépendance et la liberté des peuples est un sujet dépassé?

Gilles Laplante dit :
10 septembre 2014 à 14 h 29 min

@Jean-Luc Proulx, La grande différence entre l'Écosse et le Québec, c'est que l'Écosse c'est l'Alberta des iles britanniques. Ils ont le plus haut revenu moyen, le plus bas taux de chaumage. Ils ont l'intelligence d'exploiter leurs richesses naturelles, notamment le pétrole. Il est évident que les Écossais ont des politiciens de qualité. Tout le contraire du Québec sur toute la ligne. Être Écossais je voterais Oui, comme Québécois ce serait Non.

papitibi dit :
12 septembre 2014 à 1 h 17 min

@ Luc saucier et Gilles Laplante

Proulx est réputé pour porter des lunettes roses et faire du cherry picking. Cela dit, ici, je dois lui donner partiellement raison: si le OUI l'emporte en Écosse - ce dont je doute par ailleurs, les Libéraux devront ravaler leur discours de type "l'indépendance va à contre-courant de l'Histoire". L'indépendance s'inscrit au contraire dans le courant de la rivière mais les États n'en renoncent pas moins de plus en plus à une partie de leur souveraineté économique pour appartenir à des zones de libre-échange.

Ce qui intéresse ici l'analyste politique, ça n'est pas tant le score à une date précise que la tendance. La tendance peut sembler favoriser le OUI mais même si 80% de tous les Écossais qui n'ont pas encore voté viraient AYE (OUI), s'ils ont déjà voté NAW (non) par anticipation, ça ne donnera pas la victoire au camp du Oui...

J'imagine par ailleurs que les campagnes de peur (vous allez perdre votre Reine, votre £ et vos sièges sociaux) va en séduire quelques-uns au moment de déposer leur bulletin dans l'urne. Bref, courte victoire du NAW à l'horizon.