/investigations
Navigation
Marijuana

Un manque de jugement de Trudeau, selon ses adversaires

Tweed
Photo d'archives Chuck Rifici, 39 ans, est le cofondateur de Tweed Marijuana, basée à Smiths Falls en Ontario. Sa fortune a bondi depuis avril.

Coup d'oeil sur cet article

Le fait que le directeur général des finances du Parti libéral du Canada (PLC) soit aussi un multimillionnaire du pot médical traduit un manque de jugement de la part du chef du parti, Justin Trudeau, selon les conservateurs et le NPD.

Le fait que le directeur général des finances du Parti libéral du Canada (PLC) soit aussi un multimillionnaire du pot médical traduit un manque de jugement de la part du chef du parti, Justin Trudeau, selon les conservateurs et le NPD.

Réagissant au dossier de notre Bureau d’enquête sur la fortune du directeur des finances du PLC, Chuck Rifici, réalisée dans le commerce de la marijuana médicale, le député Pierre Nantel, du Nouveau Parti démocratique (NPD), avoue être tombé en bas de sa chaise.

«Je trouve ça gros comme une maison, très ironique. Ça en dit long sur le jugement de M. Trudeau», a-t-il dit.

Notre Bureau d’enquête a révélé hier que la fortune de Chuck Rifici, un partisan avoué de Justin Trudeau, avait explosé depuis l’entrée en bourse de sa compagnie Tweed Marijuana, en avril.

Tweed a été l’une des premières compagnies à obtenir un permis de Santé Canada pour produire et vendre de la marijuana à des fins thérapeutiques. Seules 13 compagnies ont ce permis au pays.

Rifici détient environ 22,1 % de Tweed, selon des documents financiers. Des actions de Tweed lui ont été attribuées directement et d’autres ont été payées 89 cents.

L’action vaut aujourd’hui 2,36 $. Cela établit la valeur des actions de Rifici à 21 M$.

Selon Pierre Nantel, la présence d’un homme d’affaires ayant réalisé des gains rapides dans le pot médical comme directeur général des finances du PLC n’aurait pas dû être acceptée par Justin Trudeau.

Risque de conflit d’intérêts

«Il y a un risque de conflit d’intérêt évident. D’autant que le Parti libéral prône la légalisation de la marijuana», a-t-il dit.

M. Nantel a indiqué que la position libérale sur le pot allait plus loin que celle du NPD.

«Le NPD préconise la décriminalisation de la marijuana. Le Parti libéral prône la légalisation pure et simple.»

Le ministre de la Sécurité publique Steven Blaney a évoqué de son côté les risques de la position libérale sur le pot.

«La légalisation bénéficierait aux proches amis millionnaires de M. Trudeau qui commercialisent la marijuana pour les Canadiens», a-t-il dit.

Il a aussi rappelé que les chefs de police du Canada se sont déjà prononcés contre la légalisation de la marijuana.

Trudeau à l’aise

Le chef libéral Justin Trudeau a défendu la présence de Rifici au sein du conseil de son parti.

«M. Rifici est un bénévole qui travaille pour le conseil d’administration», a-t-il dit, minimisant son rôle de directeur général des finances du parti comme indiqué sur le site du PLC.

Le Conseil national d’administration du PLC regroupe 36 personnes, dont Chuck Rifici. Justin Trudeau a aussi assuré que M. Rifici n’avait pas d’influence directe sur la politique du parti.

«De toute façon, M. Rifici fonctionne sous les règles établies par ce gouvernement conservateur. Ce sont eux qui ont délivré les permis (pour la marijuana médicale) et c’est à eux qu’il faudrait poser des questions», a-t-il avancé.

 

Sur le même sujet
Commentaires