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Il est beaucoup question dans l’actualité des massacres perpétrés par l’État islamique contre les populations chrétiennes et yézidis dans la province du Kurdistan au nord de l’Irak.

Il est beaucoup question dans l’actualité des massacres perpétrés par l’État islamique contre les populations chrétiennes et yézidis dans la province du Kurdistan au nord de l’Irak.

La violence de ces attaques contraste avec la nature paisible de ces minorités religieuses: j’ai pu le constater il y a quelques années à l’occasion d’une visite à Aïn Kawa, banlieue chrétienne d’Erbil, capitale du Kurdistan, ou à Lalesh, la ville sainte des yézidis, non loin de Mossoul.

On assiste, impuissants, à la barbarie des combattants sunnites de l’État islamique qui décapitent, crucifient, vendent comme esclaves des femmes non musulmanes 150 $ chacune. Et pourtant, ces communautés religieuses, tout comme le judaïsme, s’y sont établies des siècles avant l’Islam dont les fondamentalistes ont pour première volonté de les faire disparaître par tous les moyens.

En fait, ces abominables tueries s’inscrivent dans un vaste processus de purification religieuse à l’œuvre dans la région depuis nombre d’années. En Égypte, le mouvement a connu son paroxysme avec la montée en puissance des Frères musulmans: les chrétiens coptes ont vu leurs églises incendiées, leurs prêtres assassinés, leurs fidèles massacrés.

De même en Syrie, les minorités religieuses sont systématiquement exterminées par les rebelles islamistes dans les zones contrôlées par ces derniers. En Irak, on ne compte plus les incendies d’églises ni les attentats contre les familles chrétiennes.

Palestine et Israël

En Palestine, il paraît bien loin le temps où le musulman Yasser Arafat, par solidarité avec ses compatriotes de toutes confessions, assistait chaque année à la messe de Noël à Bethléem.

En Israël même, les ultras orthodoxes, dont le poids est considérable dans le gouvernement Nétanyahou, se sont déchaînés contre les chrétiens à l’occasion de la visite du pape François; certes, les exactions commises par ces extrémistes ne se comparent aucunement à celles des islamistes, mais elles étaient suffisamment graves pour que le grand quotidien Haaretz coiffe un éditorial du titre: «Jew Terrorism». Et un catholique de Bethléem ne peut plus assister à la messe de Pâques à la basilique du Saint-Sépulcre située dans la partie de Jérusalem annexée par l’État hébreu, en contravention du droit international, comme j’ai pu le constater sur place en mai dernier.

Kurdistan

Pour l’heure, la menace la plus immédiate se situe évidemment au Kurdistan. Les peshmergas (militaires kurdes) sont des combattants aguerris, mais mal équipés, l’État irakien ne leur ayant livré que bien peu d’armes ces dernières années, ce qu’il regrette amèrement ces jours-ci. Le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, s’en était d’ailleurs plaint lors d’une rencontre à Erbil en 2006: d’une façon prémonitoire, il redoutait que son pays soit la cible de mauvais coups. De nombreux pays, incluant l’Australie, ont annoncé la livraison d’armes au Kurdistan menacé d’anéantissement par l’État islamique; le Canada, tardivement, vient de se joindre à cette coalition. Mais comment ne pas s’étonner du silence assourdissant des organisations musulmanes d’ici devant ces crimes perpétrés au nom de l’Islam et du Coran? On n’ose penser que ce silence vaut consentement...

 

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