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Futurologie des médias

Gerd Leonhard
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Gerd Leohnard, décrit par le Wall Street Journal comme «l’un des futurologues du média les plus pertinents au monde», voit de nombreux parallèles entre l’industrie de la musique et les défis que rencontrent maintenant les médias.

Gerd Leohnard, auteur, entre autres, de The Future of Content (publié en 2011, via Kindle uniquement), Music 2.0 et The End of Control, a d’abord été guitariste, compositeur et producteur avant de lancer diverses entreprises liées à internet, puis de fonder The Futures Agency, située à Bâle, en Suisse. Il compte Unilever, Nokia, The Guardian, Google et Visa parmi ses clients.

«Les médias doivent faire attention de ne pas répéter les erreurs faites par l’industrie de la musique», souligne-t-il entre autres.

Gerd Leohnard, qui sera le 11 septembre au RDV Média organisé à Montréal par Infopresse, a répondu à nos questions.

Quelles similitudes voyez-vous entre l’indus­trie de la musique et les entreprises média ?

Dans les deux cas, le contenu est devenu accessible via le numérique après avoir été restreint à un seul support. Et, quand les utilisateurs finissent par s’habituer à l’alternative numérique, les prix baissent considérablement. Pour la musique, le prix des CD a chuté. Et maintenant, les prix pour la musique en ligne baissent aussi…

Que doivent comprendre les médias ?

Il leur faut cesser de penser en termes de support. Traditionnellement, les journaux ne vendaient pas de l’information; ils vendaient du papier. Une entreprise comme le New York Times jouissait d’un monopole sur l’attention de son public, et ce, à travers un seul support. Plus maintenant: il y a une multitude d’autres façons d’accéder à la même information.

Quel est le modèle qui va permettre aux entreprises médias de financer leur contenu ?

Il faut réaliser, et au plus vite, qu’il n’y a plus de modèle unique. On ne peut pas dire: «Il faut que le contenu soit payant», «il faut faire tel type de publicité», et se dire que c’est LA recette. Tout est devenu trop différent d’un marché à l’autre, et d’un média à l’autre. Pour les magazines de mode, le papier est encore un support valable. Et une publication comme The Economist joue sur plusieurs tableaux. L’abonnement donne des privilèges pour lesquels son public est prêt à payer: comme le fait d’accéder au contenu plus vite, même si celui-ci finit par être accessible gratuitement. Pour ma part, j’y suis abonné à cause de l’accès au contenu audio.

Donc le support papier peut encore être valable ?

Il présente encore des opportunités. Par exemple dans des endroits où la technologie est encore trop chère ou peu accessible, comme l’Inde, les anciens pays du bloc de l’Est… Et il convient encore bien à certains types de journaux. Mais c’est temporaire. À terme, le papier est appelé à disparaître. Les organisations doivent parfois être un peu schizophrènes: tirer parti de ce qui marche encore tout en se préparant pour le jour où cela ne marchera plus.

 
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