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La Commission dont le Québec a besoin

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On place beaucoup d’espoir dans la Commission de révision des programmes dont l’objectif est de dégager des économies de 3,2 milliards afin d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016.

On place beaucoup d’espoir dans la Commission de révision des programmes dont l’objectif est de dégager des économies de 3,2 milliards afin d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016.

Selon le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, cette commission est une première au Québec. C’est exact… à condition de faire fi des travaux similaires entrepris depuis une décennie!

En 2009-2010, le ministre des Finances, Raymond Bachand, avait confié au Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques le mandat de «dresser les actions à privilégier et la marche à suivre pour permettre le retour à l’équilibre budgétaire prévu en 2013-2014 et assurer un renforcement des finances publiques à moyen terme». Entre 2004 et 2007, les rapports Boudreau, Geoffrion et Rolland avaient pour objectif de «réviser la pertinence des organismes du gouvernement». Le mandat de la commission Robillard ne présente donc aucune originalité. Au mieux, il constitue une variation sur un thème déjà abondamment exploité et pour lequel les recommandations ont été largement ignorées par les politiciens qui les avaient demandées.

Efforts stériles

À l’instar des initiatives précédentes, et en dépit de la réelle nécessité d’assainir les finances publiques, les efforts que déploie la commission actuelle seront probablement stériles.

D’abord, parce qu’un programme est toujours prioritaire pour celui qui en bénéficie et pour l’organisme responsable de l’administrer. Les contribuables paieront donc 4300 $ par jour pour que Mme Robillard et ses quatre experts écoutent patiemment les trop nombreux partenaires du gouvernement user et abuser des meilleures techniques de persuasion pour les convaincre de l’absolue nécessité de continuer à recevoir les précieux deniers publics.

Ensuite, et surtout, parce que le gouvernement libéral a escamoté une réflexion préalable, mais essentielle à l’exercice qu’il attend des commissaires. En effet, pour sceller le sort de chaque programme, on ne peut s’en remettre aux impressions, aux états d’âme ou aux jugements de valeur des commissaires. Après tout, ils ne sont ni omniscients ni dotés d’une supériorité morale. Pour espérer que leur travail soit utile, ils doivent donc partager un cadre d’analyse rigoureux, objectif et surtout imperméable à toute forme de lobbying et de corruption.

Le rôle de l’État

Pour cela, il aurait fallu que le gouvernement Couillard commence par définir avec précision le rôle que l’État devrait jouer dans la société. Devrait-il opérer des commerces de vente d’alcool et des casinos?

Subventionner les entreprises déficitaires et les projets de rénovation des particuliers? Financer les festivals et la fécondation in vitro? Une fois le champ d’action de l’État clairement circonscrit, il sera facile de trier les programmes de manière impartiale. Or, aucun effort n’a été entrepris à cet égard.

Ce dont le Québec a cruellement besoin, c’est d’une commission de révision du rôle de l’État. Définir enfin où commence et où s’arrête la responsabilité de l’État, voilà qui serait réellement une première au Québec.

Sans pareille réflexion, la commission Robillard est un navire sans boussole !

 

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