/news/society
Navigation
Montréal | Banlieue

Ils fuient Montréal

Coup d'oeil sur cet article

Jeannot Chapdelaine était tellement «écœuré» du pont Champlain qu’il a carrément déménagé sa firme de 30 employés sur la Rive-Sud de Montréal.

Jeannot Chapdelaine était tellement «écœuré» du pont Champlain qu’il a carrément déménagé sa firme de 30 employés sur la Rive-Sud de Montréal.

Depuis, l’homme d’affaires file le parfait bonheur. Il économise 25 000 $ par année en frais de loyer et de stationnement. Il arrive tôt à la maison le soir et peut même dîner fréquemment avec sa fille, «ce que je n’avais jamais pu faire au cours des 10 dernières années.»

Bref, M. Chapdelaine ne regrette en rien sa décision. Et il n’est pas le seul.

Au cours des dernières semaines, Le Journal a rencontré plusieurs propriétaires d’entreprises qui ont opté pour la banlieue, exaspérés par la congestion routière, la rareté des stationnements et les coûts exorbitants des locaux industriels à Montréal.

« On s’est sauvés du pont »

«Je n’ai pas peur de le dire: on s’est sauvés du pont», lance en riant M. Chapdelaine, qui est le cofondateur de la firme Coginov.

Depuis 2002, l’entreprise technologique spécialisée dans la recherche sémantique avait pignon sur rue au centre-ville de Montréal.

«On a décidé de partir en janvier dernier, avant que ne débutent les travaux de construction du nouveau pont. Déjà, ça me prenait près de 45 minutes le matin pour aller au travail. Imaginez avec les travaux! Et c’est sans parler du péage qu’on songe à imposer et tout ce que ça pourrait coûter à nous ou à nos employés!», lance-t-il.

Les joies de Brossard

Coginov est maintenant implantée dans le quartier industriel de Brossard. Ses employés, dont la plupart habitent à Montréal, sont «ravis».

«Fini les heures de trafic au centre-ville de Montréal, à tourner en rond pour trouver un stationnement. Maintenant, ils circulent à l’envers de la circulation et arrivent tôt chez eux le soir», se réjouit M. Chapdelaine.

«C’est spécial, mais c’est ça. Mes employés aiment mieux faire plus de route pour venir à Brossard que d’être pris au centre-ville. Ça fait bien mon affaire», rigole-t-il.

Montréal, une ville malade

Coginov détient un bail de cinq ans pour son loyer actuel. Ses dirigeants évalueront ensuite la possibilité de retourner à Montréal.

«Mais je pense qu’il y a peu de chances que cela arrive. Il y a plusieurs problèmes à Montréal: le coût des loyers, le stationnement, la circulation, etc. C’est encore et toujours une ville fantastique. Mais une ville fonctionnelle? Non», confie Jeannot Chapdelaine.

«Je connais au moins trois autres entreprises qui magasinent sur la Rive-Sud. Est-ce un phénomène généralisé? Je ne le sais pas. Mais, chose certaine, les gens appréhendent la construction du pont et sont tannés de vivre dans le chaos.»

Commentaires