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Fonds pour la télévision

Google ne veut pas voir YouTube être forcé à contribuer

A picture illustration shows a photo taken of a YouTube error logo, displayed on a cell phone in front of a YouTube logo on an LCD screen, in central Bosnian town of Zenica
REUTERS

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GATINEAU – Google Canada s’oppose à l’idée de forcer les plateformes de diffusion en ligne comme YouTube, qui lui appartient, à verser des contributions obligatoires dans un fonds canadien pour la production télévisuelle.

C’est, entre autres, le message délivré par le géant du web, lundi, aux audiences publiques sur l’avenir de la télévision au Canada du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Pour Jason Kee, conseiller aux relations gouvernementales chez Google Canada, «l'imposition d'un tel régime sur les services en ligne aurait plusieurs conséquences négatives».

«Une contribution obligatoire provoquerait une hausse des coûts aux consommateurs (frais d'adhésion) et aux créateurs (baisse du partage des recettes)», a-t-il précisé, lors de la première journée d'audiences.

Le CRTC ne réglemente pas les sites de diffusion de contenus vidéo comme YouTube, Netflix et iTunes. Google Canada souhaite que l'exemption dont les nouveaux médias bénéficient soit maintenue.

L'organisation «Les Amis de la radiodiffusion canadienne» soutient que ces plateformes bénéficient de la production canadienne et de revenus publicitaires canadiens, et qu'elles doivent donc contribuer au financement de la production.

«La question clé, selon moi, pour le CRTC, est de déterminer comment ces nouvelles plateformes mettront de l'argent sur la table, contribueront au système audiovisuel canadien, quand ils partagent l'auditoire canadien», a indiqué le porte-parole, Ian Morrison.

«Tout déclin éprouvé par le secteur réglementé de l’industrie, a précisé de son côté le Fonds des médias du Canada dans une intervention écrite au CRTC, se traduira par une baisse des sommes d’argent consacrées à la programmation de contenu canadien à moins que l’on demande également aux nouveaux acteurs ne faisant pas partie de l’industrie télévisuelle traditionnelle, de contribuer».

Eléphant, une initiative de Québecor qui se spécialise dans la numérisation et la diffusion de vieilles productions québécoises pour en conserver la mémoire, a fait état de l'importance d'investir et réinvestir dans la production pour assurer l'accessibilité aux oeuvres et leur pérennité.

«La totalité du produit de la location des films (…) est retournée aux détenteurs des droits et aux créateurs», a souligné Sylvie Cordeau, vice-présidente, Philanthropie et commandites de Québecor Média inc et responsable corporative d'Éléphant.

«Non seulement Éléphant fait revivre tout un patrimoine cinématographique, mais il est devenu un laboratoire d'exploration et de recherches dans l'univers numérique», a ajouté Claude Fournier, co-directeur d'Éléphant.

Selon Google, le contenu canadien produit pour YouTube fait très bonne figure. Les créateurs de contenus canadiens émergents et établis qui ont élu domicile sur YouTube bâtissent leur audience et empochent des revenus sans passer par des intermédiaires, a souligné M. Kee.

Un rapport publié la semaine dernière par le CRTC révèle que le temps passé à regarder la télévision traditionnelle chaque semaine a diminué pour tous les groupes d’âge en 2013 par rapport à 2012 tandis que le taux d’adoption de Netflix est passé de 21 % à 29 % pour les auditeurs de langue anglaise, et de 5 % à 7 % pour les auditeurs de langue française.

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