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Procès Magnotta

Procès de Magnotta : la vidéo du meurtre ne sera pas montrée

Luka Rocco Magnotta
Photo SPVM

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Le procès de Luka Rocco Magnotta pourrait choquer et perturber le public, a prévenu le juge aux centaines de candidats-jurés. Mais l’exécution en tant que tel de Jun Lin n’est pas dans la preuve, a-t-il ajouté.

«La violence, le caractère sexuel (de certains éléments de preuve) peut être choquant et perturbant», a annoncé tout de go le juge Guy Cournoyer aux candidats, ce matin au palais de justice de Montréal.

Papier de convocation en main, des centaines de candidats-jurés ont répondu présent ce matin pour le procès de Magnotta, l'assassin allégué de l'étudiant Chinois Jun Lin.

« Mon client est surpris de voir l’ampleur de cette affaire », a d’ailleurs commenté l’avocat de la défense Me Luc Leclair.

Magnotta, 32 ans, est accusé d'avoir non seulement prémédité le meurtre de Jun Lin, le 25 mai 2012, mais aussi d'outrage à son cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d'utilisation illégale de la poste, ainsi que de harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper et des membres du Parlement.

Mais il n'y a aucun enregistrement vidéo, dans la preuve, où l'on voit l'exécution de Jun Lin, a mentionné le magistrat.

Au total, la Couronne compte faire entendre 60 témoins, dont 16 policiers.

Malaises

Toute la journée d’aujourd’hui, le juge entend les demandes d’exemption des candidats. Sur 400, seulement 87 se disent prêt à être sélectionnés.

On sentait le malaise de certains candidats d'être appelés à juger cette affaire, qui avait fait le tour du monde. Une candidate était tellement inconfortable, avant d'entrer dans la salle d'accueil, qu'elle a dû être escortée à part par une constable spéciale.

Une autre candidate est entrée dans la salle en tremblant. En pleurs, elle s’est dite incapable de pouvoir juger Magnotta.

«Pour moi, Magnotta aurait dû être castré il y a 2 ans», a lancé une autre candidate, qui a été exemptée.

La plupart ont affirmé ne pas être bilingue pour ne pas être retenus, puisque le procès sera en anglais et en français. Sur 121 candidats entendus en matinée, six ont un casier criminel. Trois demandes d’exemptions ont été refusées.

D’autres candidats ont affirmé ne pas être impartiaux pour être exemptée.

Une candidate a pour sa part confiée au Journal qu'elle se sentait privilégiée d'avoir été convoquée.

«Je crois au principe de la présomption d'innocence jusqu'à preuve du contraire, a-t-elle confié au Journal. J'entend tellement de monde qui le déclarent coupable sans avoir écouté la preuve...»

Seul hic, cette candidate, qui ne peut être identifiée, est présentement aux études. Elle risque donc de demander une exemption, pour des motifs personnels.

Magnotta présent

Magnotta est présent dans la salle, flanqué de trois agents des services correctionnels. Il est vêtu d'un t-shirt bleu marin. Fidèle à son habitude, il est calme et ne dis pas un mot. Il fixe chaque candidat juré, du box des accusés.

« Ç’a été un long voyage, ça fait longtemps qu’on attend (le procès) », a déclaré Me Leclair.

Il a affirmé chercher des jurés « ouverts d’esprit, intelligents, qui vont écouter » la preuve. Au total, 14 jurés seront sélectionnés la semaine prochaine.

« On verra à la fin du procès », a répondu Me Leclair quand un journaliste lui a demandé s’il avait « l’instinct » pour sélectionner le jury.

Le procès est prévu pour durer entre six et huit semaines. Me Louis Bouthillier représente la poursuite dans ce procès.

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