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Le pire pays au monde pour les arbres

Le Canada est l’endroit au monde où les forêts sont les plus dégradées, devant la Russie et le Brésil

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Le Canada est désormais le pire pays au monde pour les arbres. De la réser­ve faunique de La Vérendrye au Québec à Fort McMurray en Alberta, c’est ici que les forêts ont été le plus dégradées depuis l’année 2000, d’après un rapport international.

Le Canada est désormais le pire pays au monde pour les arbres. De la réser­ve faunique de La Vérendrye au Québec à Fort McMurray en Alberta, c’est ici que les forêts ont été le plus dégradées depuis l’année 2000, d’après un rapport international.

Toutes les quatre secondes, l’activité humaine est responsable de la disparition de l’équivalent d’un terrain de football de forêt vierge. Près d’une fois sur quatre, depuis l’année 2000, ça se passe au Canada.

C’est plus que nulle part ailleurs au monde, y compris au Brésil, indique une analyse conduite par une équipe de l'Université du Maryland avec la collaboration de groupes écologistes, dont Global Forest Watch et Greenpeace.

«Il n’y a pas de volonté politique au niveau fédéral ou provincial pour conserver les forêts vierges», dénonce Peter Lee de Global Forest Watch Canada. Le gros de l’activité forestière au Canada se passe encore aujourd’hui dans ces forêts.»

Pour en arriver à ces conclusions, les analystes ont compilé les images satellites détaillées du globe de 2000 à 2013 et les ont comparées d’une année à l’autre.

Au Canada, on constate qu’«il n’y a pratiquement plus de grande canopée intacte et l’empreinte de l’industrie forestière monte de plus en plus vers le nord», observe Nicolas Mainville, de Greenpeace.

On perd ainsi des écosystèmes qui jouent «un rôle critique dans le maintien de la biodiversité et dans la régulation du climat, et qui assurent la purification de l’eau et de l’air, limitent l’érosion et contrôlent les inondations», explique Global Forest Watch.

Le Québec pas mieux

André Tremblay, du Conseil de l’industrie forestière du Québec estime que la province assure mieux que les autres «la protection des écosystèmes fragiles». Il souligne que 40% de la forêt boréale continue est au nord de la limite nordique, un secteur intouchable pour l’industrie.

Mais les images satellitaires offrent un autre portrait. «Le nord du Lac-Saint-Jean se démarque comme une région du monde où l’activité industrielle sur la forêt est la plus forte», note M. Mainville.

Et quand elles ne montrent pas de vastes espaces coupés à blanc, les images sont parsemées de routes et de chemins forestiers ou miniers. Au Québec uniquement, entre 4000 et 5000 km de ces voies de circulation sont construits par an, soit l’équivalent d’un aller-retour Montréal-Miami, selon le Centre d’étude sur les forêts.

Cette transformation irréversible du territoire est pointée du doigt comme une des causes majeures de la disparition du caribou forestier, espèce classée «vulnérable» au Québec depuis 2005.

 
 
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