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Bell est contre les publicités américaines pendant le Super Bowl

Kevin Crull, président de Bell Média.
Photo Archives / AGENCE QMI Kevin Crull, président de Bell Média.

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GATINEAU - Des intervenants de l'industrie de la télévision s'opposent à une proposition du CRTC qui interdirait la substitution simultanée, une mesure qui permettrait au téléspectateur de regarder des émissions non canadiennes en direct à la télévision, comme le Super Bowl, avec les publicités américaines.

Durant son intervention devant le CRTC, mercredi, dans le cadre des audiences sur l'avenir de la télévision, la direction de Bell Média, s'est vivement opposée à cette suggestion du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

Selon le géant des télécommunications, qui possède les réseaux de télévision anglophone CTV et TSN, une telle mesure aurait «un effet dévastateur immédiat pour la télévision locale».

«Éliminer la substitution simultanée est un risque qu'il ne vaut sans aucun doute pas la peine de courir puisqu'il y a eu moins de 500 plaintes sur plus de 500 millions d'heures de diffusion en simultané par année», a indiqué Kevin Crull, président de Bell Média, précisant que la valeur de la substitution simultanée dépasse 450 millions $ par année.

«La diffusion en simultanée génère d'importants gains d'auditoire, et nos stations généralistes fournissent ainsi plus de 85 millions $ en valeur promotionnelle annuelle pour la programmation canadienne», a fait valoir M. Crull.

GroupM, une entreprise de planification et d'achats média, abonde dans le même sens et craint d'importantes pertes d'emplois si une telle proposition va de l'avant.

«Si la substitution simultanée est interdite, il ne sera plus économiquement viable pour les entreprises de télédiffusion d'acheter et de diffuser des émissions et événements américains en demande», a expliqué Stuart Garvie, de GroupM.

«Cette proposition retirerait ces véhicules très prisés par les entreprises qui veulent acheter de la publicité et, conséquemment, les revenus pour les entreprises de diffusion», a-t-il continué.

Forfaits

La direction de Bell Média a par ailleurs exprimé son désaccord devant une proposition qui obligerait les entreprises de distribution de radiodiffusion (câblodistributeurs, services par satellite) à offrir un service de base minimaliste, les services facultatifs à la carte et la création de forfaits personnalisés par l'abonné.

Lorsque Rogers a tenté d'abolir les forfaits à London, a précisé Bell Media devant le CRTC, le taux de pénétration de ses services a subi une importante chute.

«Dans un tel scénario, la viabilité de marques aussi fortes que TSN, RDS, Discovery, Space, VRAK, Canal Vie et Canal D serait en péril», a souligné Kevin Crull.

«Nous ne demandons pas aux Canadiens d'assurer notre succès, a précisé M. Crull. Nous demandons seulement la liberté de travailler de façon créative avec nos partenaires de distribution pour trouver un modèle qui soutient la production et la découverte d'une grande variété de contenus de haute qualité pour les Canadiens», a-t-il ajouté.

Exclusivité des genres

Bell Média a aussi exprimé son opposition à la déréglementation de l'exclusivité des genres pour les chaînes spécialisées proposée par Québecor Média, mardi.

«Les mesures de protection de l'exclusivité des genres et les droits d'accès à la distribution demeurent essentiels pour un système de télévision spécialisée diversifié et prospère au Québec», a argumenté Gerry Frappier, président et directeur général de RDS.

Les services francophones de Bell Média réglementés en vertu de la protection des genres sont Canal D, Canal Vie, VRAK et Z, ainsi que Super Écran.

Québecor Média est convaincue que l'élimination de l'exclusivité favoriserait la concurrence, et rehausserait la qualité de l'offre.

Intervention politique

L'opposition officielle à Ottawa a par ailleurs qualifié «d'indécente» l'intervention de la ministre du Patrimoine, Shelly Glover, qui, dans une déclaration écrite publiée lundi soir, a rappelé un engagement du gouvernement fédéral voulant que les consommateurs canadiens ne devraient pas avoir à s’abonner aux canaux qu’ils ne veulent pas et qu’ils devraient pouvoir s’abonner à ceux qu’ils veulent».

La ministre a aussi indiqué qu'Ottawa ne permettrait pas l'imposition de nouvelles règles ou de frais sur les vidéos en ligne qui créeraient une taxe sur Netflix et YouTube, comme l'a suggéré le gouvernement de l'Ontario lors de son intervention devant le CRTC, lundi.

«Il est très déplacé de la part des conservateurs de politiser ces audiences, a déclaré le porte-parole du NPD en matière de patrimoine, le député Pierre Nantel. Les conservateurs savent pourtant très bien que le CRTC est un organisme indépendant, qui doit avoir la latitude de tirer ses propres conclusions.»

 

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