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Prisons canadiennes

La moitié des suicides de détenus surviennent en isolement en cellule

Même si les prisonniers sont sous surveillance en cellule d’isolement, ils ont plus de chances de se suicider que partout dans l'établissement carcéral.
Photo Archives / Agence QMI Même si les prisonniers sont sous surveillance en cellule d’isolement, ils ont plus de chances de se suicider que partout dans l'établissement carcéral.

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OTTAWA – Le suicide est la première cause de mort non naturelle dans les prisons canadiennes et la moitié des cas surviennent en situation d’isolement, lorsque les détenus sont sous supervision étroite, selon l’enquêteur correctionnel du Canada.

Officiellement, les autorités pénitentiaires n’ont pas le droit d’utiliser l’isolement en cellule afin de contrôler les risques de suicide, a dit Howard Sapers, l’enquêteur correctionnel du Canada.

Ceci ne les a pas empêchés de placer en cellules d’isolement et pour de longues périodes des détenus souffrant de problèmes mentaux.

«Cette pratique n’est pas sécuritaire et devrait être expressément interdite», a indiqué M. Sapers.

Son rapport, diffusé mercredi, fait ressortir 10 cas, dont l’un implique un homme ayant un historique de comportement suicidaire et qui s’est pendu dans la fenêtre de sa cellule d’isolement après avoir été involontairement transféré d’un centre de traitement.

«Jusqu’à sa mort, le détenu a souvent refusé de manger ou de prendre ses médicaments et a même utilisé du ketchup pour écrire «Mourir» et «Mort» sur les murs de sa cellule. Il s’est aussi automutilé à plusieurs reprises, et dans aucun cas ces incidents n’ont été classés comme de l’automutilation», peut-on lire dans le rapport.

Même si les prisonniers sont sous surveillance étroite quand ils sont en cellule d’isolement, ils ont plus de chances de se suicider que partout ailleurs dans un établissement carcéral. Une situation aggravée par la présence de «points d’ancrage» d’où ils peuvent se pendre.

Cette problématique a été identifiée dans un rapport en 2010, mais a été passablement oubliée, a remarqué M. Sapers.

«C’est inquiétant de savoir que ces individus ont été capables de trouver les moyens de mettre fin à leurs jours dans une section de la prison où les protocoles de sécurité et de surveillance sont élevés», a dit M. Sapers.

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