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S'endetter pour se loger

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Nous le savions déjà, l’endettement des ménages québécois est un problème de plus en plus alarmant. De l’autre côté, on apprend qu’au Québec, près de 40% des ménages dans lesquels il y a au moins une personne qui travaille dépensent l’ensemble et souvent même plus de leur salaire au fur et à mesure. Ce qui veut dire aucune possibilité d’épargne, peu de remboursements de dette, mais surtout, cela signifie vivre d’une paie à l’autre sans être en mesure de faire face à des imprévus.

Dans un autre billet, nous avions exposé la problématique des revenus de la majorité ne suivant pas la même courbe que les gains en productivité. Cette semaine, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), nous exposait l’enjeu sous un autre angle, soit sur le plan des dépenses. Nous reprenons dans le graphique qui suit les données provenant de l’Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada qu’ils ont publiée. Ce que nous y voyons, c’est la comparaison entre l’augmentation du revenu médian et du coût médian d’un loyer. Entre 2006 et 2011, les revenus ont augmenté de 9.2%, alors que les loyers au Québec ont pour leur part subit une hausse de 13.6%.

Graph10sept

Source : Enquête national auprès des ménages, calcul FRAPRU.

La situation d’une hausse plus rapide qu’une dépense de base comme se loger contribue aussi au problème d’endettement et du fait de vire «d’une paie à l’autre». Ces deux problèmes ne proviennent pas du fait de ne pas être en mesure de suivre un budget; ramener les cours d’économie au secondaire ne les règleront pas. Le logement (tout comme les dépenses de base en alimentation) demeure une dépense pratiquement impossible à diminuer pour la majorité des gens. Et pour plusieurs locataires, le coût du loyer prend des proportions avec lesquelles il est difficile de concilier dans la réalité. Tentez de faire un budget, lorsque pour près de 18% des locataires, le loyer représente plus de la moitié de vos dépenses. Bonne chance!

8 commentaire(s)

Fred1945 dit :
10 septembre 2014 à 10 h 40 min

Ce n'est pas le bon moment de parler de loyer. Les syndicats municipaux sont en pleine négociation pour faire payer les déficits des régimes de retraite par une augmentation des taxes municipales. Est-ce que la FRAPRU serait anti-syndicaliste ? Les taxes municipales sont des taxes très régressives et une augmentation de celles-ci va nécessairement augmenter à moyen terme les loyers des locataires les plus pauvres. Dans les prochaines années, les pauvres devront se serrer la ceinture un peu plus car il est hors de question que les employés municipaux payent les déficits passés de leur régime de retraite !

Snowden Rules dit :
10 septembre 2014 à 11 h 23 min

§ Aux termes de la Déclaration universelle des Droits de l’homme (1948), «Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté ».

Jimmy Lacasse dit :
10 septembre 2014 à 12 h 10 min

Tout le monde sait que s'endetter pour se loger c'est de la bonne dette.

C'est ce que la gauche nous répète depuis plusieurs années...

Patrick Bengio dit :
10 septembre 2014 à 12 h 49 min

Bonjour! Question assez basique... quand on parle de 9% ou 13% d'augmentation, est-ce en dollars constants ou courants? (on voit que dans tous les cas que relativement le revenu se suit pas le loyer, mais dans l'absolu, le revenu augmente-t-il de 9% par rapport au cout général de la vie?)

albert bela dit :
10 septembre 2014 à 13 h 24 min

le problème de logement peut se ramener au problème des fonds de pensions de tous types qui ne produisent pas assez de rendement pour permettre de survivre depuis bientôt 25 ans soit une génération ou deux. ces gens se sont jetés sur les immeubles à revenus pour se créer un fond de pension d'où une hausse non proportionnelle des loyers

Needle dit :
10 septembre 2014 à 14 h 12 min

La solution c'est de réglementer les loyer. Il faut mettre un loyer maximal et une augmentation de loyer maximal.

Par la suite, lorsque plus personne ne voudra posséder d'immeuble à logement à cause des pertes, la solution sera de créer plus de logements sociaux pour satisfaire la demande.

Éventuellement, la location de logement sera une mission de l'état. J'ai bien hâte à ce jour!

Patrick Bengio dit :
10 septembre 2014 à 20 h 12 min

Voyons donc... je rêve! Les syndiqués contre les locataires, maintenant?!? Elle est belle la solidarité! Et à qui profite cette zizanie?!?

Aucun patron ne vous engagerait s'il ne pouvait pas faire de profit avec vous, et personne ne se lancerait dans l'immobilier et la location de logement si c'était pour perdre de l'argent!

Le problème, ce n'est pas que certains syndiqués ont des bonnes retraites, c'est que certains travailleurs n'en ont pas de bonne. Et l'argent du travail, c'est les travailleurs qui le génèrent et c'est les patrons qui décident comment le répartir, ultimement, même si les travailleurs sont syndiqués. Aussi, l'argent que les syndiqués reçoivent en retraite, ils l'auraient reçus en salaire sinon!

Blâmer les syndiqués, c'est comme blâmer les locataires qui ont un bas rapport qualité prix pour leur loyer, c'est stupide.

La solution : démocratiser entièrement le logement. Graduellement, mais à terme, si c'est essentiel, il n'y a pas lieu que ça manque à quiconque.

Et puis qu'est-ce que c'est que cette histoire de pensions qui ne produisent pas assez? Ce ne sont pas les travailleurs qui font des placements, qui gèrent l'argent, c'est plutôt tout le secteur financier qui s'occupe de ça... et on sait que beaucoup de profit finit là dedans, c'est un des secteurs de la société qui grossit le plus vite!

Patrick Bengio dit :
10 septembre 2014 à 20 h 14 min

*** je voulais dire : '' les locataires qui ont un BON rapport qualité/prix