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Forum mondial sur la Gouvernance d’Internet : Le Canada aux abonnés absents ?

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Nos vies personnelles, culturelles, économiques, politiques sont de plus en plus dépendantes d’internet. Mais le Canada se comporte comme s’il laissait le reste de la planète décider de l’avenir pour nous.

Nos vies personnelles, culturelles, économiques, politiques sont de plus en plus dépendantes d’internet. Mais le Canada se comporte comme s’il laissait le reste de la planète décider de l’avenir pour nous.

La semaine dernière à Istanbul se tenaient la 9erencontre du Forum sur la Gouvernance d’Internet et plusieurs réunions parallèles. Sur place ou à distance, 3330 personnes ont discuté d’enjeux cruciaux.

Neutralité et gouvernance d’Internet

Cette année, la controverse sur la «neutralité d’internet» prenait la vedette. Doit-on permettre aux empires de télécommunications de bloquer les propos ou contenus qui leur déplairaient? De rejeter des applications en compétition avec leurs propres produits? De mettre des contenus sur voies rapides ou lentes selon leur nature, qui les a mis en ligne ou le tarif qu’il a payé? Des questions que laFederal Communications Commissionde notre puissant voisin du Sud pourrait bientôt trancher en partie. Nous affectant forcément, nous Canadiens.

D’autres sujets importants ont été discutés. La protection d’internet – donc de nous tous – contre les cyberattaques. L’accès universel à internet haute vitesse. La confidentialité de nos communications, notamment contre les surveillances de masse révélées par Edward Snowden. La censure et la liberté d’expression. Le morcellement d’internet en enclaves contrôlées (Chine, Iran, etc.).

Et puisque le Forum portait sur la gouvernance, Istanbul a aussi été témoin des conflits entre gouvernements, entreprises commerciales, sociétés civiles et au sein même des organisations internationales sur qui doit en décider, où et comment.

Les parlementaires absents

La délégation officielle du Canada était composée d’uniquement quatre fonctionnaires. Présent à Istanbul, Robert Guerra de l’ONG canadienne Privaterra m’a déclaré que notre faible présence gouvernementale et l’absence de tout parlementaire canadien étaient notables en comparaison d’autres pays, même petits comme la Suède ou le Danemark.

Pendant une semaine complète, j’ai talonné le ministère des Affaires étrangères et Industrie Canada simplement pour savoir «quels étaient les sujets jugés clés ou prioritaires pour la délégation canadienne et quelles positions défendait-elle sur ceux-ci?» Au moment de transmettre cet article au Journal, je n’avais obtenu que réponse sans consistance.

Du côté de nos représentants au Parlement, Charmaine Borg (NPD) et Judy Sgro (Libéral) affirment que les députés n’ont pas été informés de la participation canadienne au Forum, et encore moins consultés. Et s’il faut se fier à l’expérience des rencontres des années antérieures, ils ne seront pas débreffés non plus au retour des fonctionnaires.

Notons que la participation au Forum est ouverte à tous et gratuite. Elle peut même se faire à distance grâce à... internet. Pourtant aucun parlementaire fédéral ne s’y est inscrit. Ni aucun fonctionnaire ou parlementaire québécois, d’ailleurs.

J’ai aussi posé la question à savoir comment les parlement et gouvernement fédéraux pourraient informer les Canadiens des enjeux et soutenir leur participation aux débats internationaux où se prennent des décisions qui inévitablement nous affecteront. Aucun des fonctionnaires et députés interrogés n’a su ou pu offrir de réponse concrète.

Internet constitue une infrastructure vitale, stratégique, mais largement planétaire. Ou bien nous participons à son évolution. Ou bien les autres décident pour nous.

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