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Disques | Opeth

Le rock n’est pas mort

Opeth
Courtoisie Opeth

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Gene Simmons y est allé d’une autre déclaration­­ fracassante récemment: «Rock is dead». Pale Communion dément­­ catégoriquement.

Gene Simmons y est allé d’une autre déclaration­­ fracassante récemment: «Rock is dead». Pale Communion dément­­ catégoriquement.

Opeth est un groupe de métal progressif suédois fondé à Stockholm en 1990. Depuis Heritage paru en 2011, le groupe semble avoir abandonné la rigidité stylistique du métal extrême pour une approche nettement plus classique envers le progressif de l’âge d’or.

De plein fouet dès l’intro d’Eternal Rains Will Come, le thème fait penser aux plus belles pages de Tarkus d’Emerson Lake and Palmer, ne serait-ce que pour l’utilisation du B3 avec ses attaques sonores massives doublée de lignes rythmiques de basse­­ aux pulsations obsédantes.

Cela se poursuit avec Crusp of Eternity où la conséquence des choix harmoniques pousse à des solos mélodiques métissés d’influences modales du Moyen-Orient, propres au jazz fusion et au flamenco. Le batteur rend en plus hommage au jeu de Bill Bruford, ce qui devrait en séduire plus d’un.

Mais ce sont des mouvements comme cette brèche d’accalmie dans la tempête dans Moon Above, Sun Below et Elysian Woes où la

12 cordes acoustique se mêle intimement au mellotron et vibraphone pour de belles textures pastorales, rappelant ce classicisme propre au genre, de King Crimson à Maneige et Harmonium. Sans compter cette écriture qui ponctue­­ en mouvements distincts, on en comptera­­ parfois cinq, un discours musical puissamment évocateur et romantique.

Le foisonnement des timbres de nombreux instruments­­, dont des claviers d’époque, et des instruments exotiques donnent une riche tapisserie­­ sonore.

Pour ceux inquiets que la voix des guitares se soit empâtée, pas de malaise. Elle rugit et est autoritaire là il le faut. Idem pour la voix, capable d’inflexions tant pour l’apostrophe menaçante que pour la complainte.

Bref, un poème épique à la trame serrée, bien calibrée, avec l’aide irremplaçable de Steven Wilson. Pour fans finis de Porcupine Tree et Mastodon et de quoi opposer une énième fois un démenti à Gene Simmons.

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