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Montréal | Commerce

Loyers: les commerçants étouffent à Griffintown

Élaine Léveillé a déménagé son commerce sur le web lorsque son propriétaire a voulu tripler son loyer.
Photo Olivier Robichaud / Agence QMI Élaine Léveillé a déménagé son commerce sur le web lorsque son propriétaire a voulu tripler son loyer.

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Plusieurs commerçants songent à quitter la rue Notre-Dame Ouest, étouffés par des loyers qui triplent en un an. Selon certains, les commerces de proximité sont appelés à disparaître.

Pour Élaine Léveillé et sa petite boutique de vêtements recyclés​, E.R.A. Vintage, 7000 $ par mois, c’était trop. Elle a choisi de plier bagage plutôt que d'accepter que son loyer triple pour son petit local de la rue Notre-Dame Ouest.

Mme Léveillé déplore les activités de spéculation qui étouffent les petits commerces dans certains quartiers de Montréal.

«Avant, je payais un peu plus de 2000 $, mais le propriétaire a augmenté les loyers tout juste avant de vendre l'immeuble. Ça a fait grimper sa valeur», a-t-elle souligné.

Mme Léveillé a déplacé ses activités sur le web. Mais son voisin, un antiquaire, ferme carrément son entreprise.

«Je ne regrette pas d'être déménagée. Mais ma boutique me manque, c'est vrai», a confié Mme Léveillé.

Jean-Louis Weil, un autre antiquaire, a dû réduire de moitié son magasin à cause des loyers.

«Je ne sais pas ce qu’ils ont comme plan pour cette rue, mais je ne crois pas que les antiquaires en font partie», a-t-il lancé.

Commerces de proximité

Paul-Émile Rioux, qui tente de créer une société de développement commercial sur Notre-Dame Ouest, craint que seuls les bars et les grands restaurants puissent survivre aux augmentations de loyer.

«Ça chasse les commerces de proximité, a-t-il affirmé. Il n’y a pas de fruiterie par ici parce qu’une fruiterie ne pourrait pas payer ce genre de loyer. (...) Mais ça prend de la diversité pour attirer les gens ici.»

M. Rioux est propriétaire de l’édifice où se trouve sa galerie d’art. Mais même lui n’est pas nécessairement à l’abri des augmentations.

«Peut-être qu’un jour, ma banque me dira que je ne fais pas autant d’argent avec les oeuvres d’art que je ferais en demandant un loyer à quelqu’un d’autre», a-t-il souligné.

Encadrer les loyers

La situation sur la rue Notre-Dame Ouest fait écho à ce qui se passe ailleurs à Montréal, notamment sur la rue Saint-Denis.

Plusieurs élus de Projet Montréal veulent donc encadrer les hausses de loyer pour les commerçants afin d'éviter des augmentations trop drastiques. Ils proposent une étude pour savoir ce qui cause ces augmentations.

Selon Richard Ryan, conseiller municipal dans le Mile-End, l’offre, la demande et la taxation ne suffisent pas à expliquer les augmentations de loyer.

Quant à Mme Léveillé, elle aimerait que les baux commerciaux suivent l'exemple des logements, dont les loyers peuvent être négociés selon des balises claires auprès de la Régie du logement.​

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