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Justice

Guy Turcotte est libéré

Guy Turcotte est libéré
DELF BERG/AGENCE QMI

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L'ex-cardiologue Guy Turcotte a gagné son pari. Il a finalement réussi à convaincre le juge André Vincent de le libérer, en attendant son procès pour le meurtre de ses deux enfants Anne-Sophie et Olivier, 3 et 5 ans.

Il devrait quitter le Centre de prévention Rivière-des-Prairies dans la journée.

Le magistrat a ainsi estimé que la libération de l'accusé de 42 ne minerait pas la confiance du public envers l'administration de la justice. Car même s'il avait avoué avoir poignardé 46 fois ses enfants, dans sa résidence de Piedmont en février 2009, un public bien informé ne serait pas choqué de sa remise en liberté.

«Il ne faut pas confondre les principes qui guident la mise en liberté provisoire avec l'issue du procès», a rappelé le juge.

Lors d'un premier procès en 2011, un jury avait déclaré Turcotte non-criminellement responsable pour cause de troubles mentaux, mais la Cour d'appel avait ordonné la tenue d'un nouveau procès en novembre dernier. Après une année à l'air libre, l'accusé était retourné derrière les barreaux.

Enragé

La décision du juge n'a pas manqué d'enrager le frère d'Isabelle Gaston, présent dans la salle d'audience. Il estime que le systéme a ainsi perdu de sa crédibilité.

«Encore là, on lui donne le bénéfice du doute, pour moi il est coupable, a dit Patrick Gaston. Je suis de retour à la case départ.»

Le juge a également jugé que Turcotte ne présente actuellement aucun risque ni pour la société, ni pour lui-même, ni pour son ex-femme Isabelle Gaston. Lors des audiences, Turcotte avait avoué être passé au travers d'une grave dépression, mais une médication intensive avait permis d'améliorer son état.

«J'aurais été mieux mort», avait-il dit à sa psychiatre en novembre 2013.

Sauf qu'un psychiatre avait déclaré qu'à l'heure actuelle, Turcotte allait bien.

Il ira donc vivre chez un oncle au moins jusqu'à son procès en septembre 2015. Il sera aidant naturel, en plus de faire du bénévolat.

«Je pense pouvoir être plus utile en liberté plutôt que de perdre mon temps en prison», avait-il témoigné.

Il devra toutefois respecter une longue liste de conditions.

Turcotte est défendu par Mes Guy et Pierre Poupart, tandis que Mes René Verret et Maria Albanese représentent la Couronne.


Les conditions imposées à Guy Turcotte :

  • Garder la paix et avoir une bonne conduite

  • Se présenter à la Cour lorsque requis

  • Habiter au domicile de son oncle à Brossard.

  • Ne pas changer d'adresse sans la permission préalable du Tribunal

  • Ne pas communiquer directement ou indirectement par quelque moyen que ce soit avec son ex-conjointe (Isabelle Gaston) ou le conjoint de celle-ci, s'il en est.

  • Ne pas se trouver à moins de 100 mètres de ceux-ci.

  • Ne pas quitter le territoire de la province de Québec.

  • Ne pas posséder ou faire une demande de passeport.

  • Ne pas posséder, acquérir ou avoir en sa possession armes à feu, munitions ou autres.

  • Couvre-feu de 18h à 6h.

  • Se rapporter tous les deux mercredis du mois à un agent de la Sûreté du Québec.

  • Continuer les traitements psychiatriques ainsi que les thérapies et respecter les rendez-vous fixés à l'Institut Philippe Pinel de Montréal.

  • Prendre la médication prescrite par ses médecins traitants.

  • Un acte d'hypothèque judiciaire sur le résidence de Gilles Turcotte, frère de (Guy Turcotte), au montant de 100 000$ devra être fourni et déposé au greffe de la Cour supérieure avant qu'il ne puisse être remis en liberté.

  • Ne pas consommer d'alcool ainsi que tout médicament ou drogue qui ne sont pas prescrits par un médecin qualifié.


Ce qu'ils ont dit :

«Il se soucie de son bien-être et nous, on a un sentiment d'insécurité», «Je suis dépassé par se revirement de situation, c'est de la déception.» «Ce n'est pas réconfortant». -Patrick Gaston, frère d'Isabelle Gaston

«Ca n'a pas de sens, c'est une continuation du dérapage du verdict du premier procès.» -Michel Surprenant, père de Julie Surprenant, assassinée.

«Il faut faire preuve de respect dans la décision du juge.» «On peut comprendre la réaction de la famille (d'Isabelle Gaston), c'est humain.» -Me René Verret, procureur à la Couronne

«C'est un bel exemple de démocratie, c'est un jugement de droit à l'encontre de la vindicte populaire.» -Une avocate de la défense qui n'a pas souhaité être identifiée, après avoir lu le jugement

« Je constate, avec regret, que notre système de justice libère trop facilement les individus qui ont commis des crimes graves ou qui sont accusés de les avoir commis. Ces libérations avant procès discréditent trop souvent le système judiciaire. » -Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu

 

 

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