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Drummondville

Des élèves en «punition» avec les enfants autistes

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La Commission scolaire des Chênes (CSDC) dépensera 2000 $ pour l’embauche d’une psychologue qui analysera une pratique controversée qui consiste à punir les élèves aux comportements répréhensibles en les envoyant dans une classe d’enfants autistes.

La Commission scolaire des Chênes (CSDC) dépensera 2000 $ pour l’embauche d’une psychologue qui analysera une pratique controversée qui consiste à punir les élèves aux comportements répréhensibles en les envoyant dans une classe d’enfants autistes.

Des parents ont déposé, le 9 septembre dernier, une pétition de 1846 signatures pour que cesse une mesure disciplinaire vivement décriée à l’école Duvernay de Drummondville.

Cette pratique controversée prévoit d’envoyer les enfants ayant des comportements inadéquats «réfléchir» sur l'heure du dîner avec les élèves ayant des troubles envahissant du développement (TED).

Devant le tollé suscité par cette mesure en juin dernier, la direction de la Commission scolaire a suspendu temporairement cette pratique.

Elle a également embauché au coût de 2000 $ la psychologue et chercheuse de l’UQAM, Nathalie Poirier, pour qu’elle se penche sur la situation et produise un rapport attendu pour la fin septembre.

«Cette pétition nous interpelle, nous en prenons acte. Pour nous, la priorité est de prendre connaissance des recommandations du rapport», a indiqué Christiane Desbiens, directrice de la CSDC qui réitère que cette mesure d’exception permet à l’élève qui ne respecte pas les consignes de reprendre son calme le midi dans une classe calme et en présence de personnel qualifié.

Sensibilisation ?

Marie-Ève Lavoie, coordonnatrice de l’organisme Autisme et TED Centre-du-Québec, a rencontré à plusieurs reprises les responsables de la Commission scolaire des Chênes afin de comprendre l’objectif pédagogique poursuivi par l’école qui «punit» un élève en le mettant en présence d’enfants autistes.

Lors de l’une de ces rencontres, la directrice adjointe de la CSDC, Chantal Sylvain, a défendu cette mesure en plaidant qu’il est bon que l’enfant prenne conscience qu’il y en a des «moins chanceux que lui», a rapporté Mme Lavoie.

Selon la Fédération québécoise de l’autisme, une telle intervention disciplinaire stigmatise et dévalorise les élèves qui ont des besoins particuliers.

«Je ne vois pas en quoi cette mesure peut représenter une forme de sensibilisation à la différence surtout dans un modèle punitif», croit la directrice générale Jo-Ann Lauzon qui s’interroge également sur la pertinence de l’embauche d’une chercheuse.

«C’est une perte de temps», juge-t-elle.

La pétition a été envoyée à la Commission scolaire des Chênes de même qu’au ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc.

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