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Montréal n’est pas la deuxième ville française du monde

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« “Montréal est la deuxième ville française au monde... mais de langue anglaise”, a affirmé Jean-Paul Perreault, président d’Impératif Français » en réaction à un petit reportage du journal 24h sur comment les clients sont accueillis dans une quinzaine de commerces du centre-ville. Ce n’était pas un lapsus. Car Raôul Duguay, président d’honneur de la campagne Impératif Français, a aussi repris la même formule. Quand je lis cela, je me demande sur quelle planète ou dans quel siècle vivent les Perreault et Duguay québécois. Car c’est Kinshasa qui détient le titre de deuxième ville française au monde. Montréal ne serait même qu’au quatrième rang derrière Abidjan.

Établir le palmarès des plus grandes villes francophones du monde est délicat.

Il faut d’abord s’entendre sur les limites géographiques des territoires à comparer. Par exemple, lorsqu’on inclut « Montréal » dans la liste, doit-on désigner la municipalité avec presque deux-millions d’habitants? Ou bien la grande agglomération tout autour avec presque quatre-millions d’habitants?

Par ailleurs, faut-il simplement prendre en compte le fait que le français est la langue officielle de la « ville » retenue? Ou dénombrer le nombre de ses habitants qui se déclarent capables de parler français? Ou dénombrer ceux qui l’utilisent quotidiennement?

Peu importe la combinaison de critères retenue, Paris demeure la première ville francophone au monde. Et Montréal n’est certainement pas la seconde.

Si on utilise les données pour 2010 (fichier Excel) fournies par le Département des Affaires économiques et sociales de l'ONU, l’agglomération de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo compte bien au-delà de 9 millions d’habitants (9 382 000). Cette population francophone est indéniablement la seconde au monde.

Selon ces mêmes données, l'agglomération d'Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, compte plus de 4 millions d’habitants (4 150 000). C’est nettement plus que les 3 791 000 de l'agglomération de Montréal. Et l’écart ne cesse de grandir. Les projections pour 2015 sont de 4 860 000 pour Abidjan contre seulement 3 981 000 pour Montréal : presque un million d’habitants de différence.

Je vous laisse interpréter ces chiffres comme vous le préférez. Vous pouvez déplorer la perte du statut de deuxième ville francophone immédiatement après l’ex-métropole impériale de Paris. Ou vous réjouir du nombre toujours grandissant des parlants français dans le monde.

Mais de grâce, arrivez au XXIe siècle !

22 commentaire(s)

yahoo dit :
13 septembre 2014 à 15 h 57 min

Je pense que les gens d'impératif français ne savent pas lire, seulement parler (et parler un français très approximatif même si c'est la seule langue qu'ils possèdent). Ainsi, ils ne sont pas au courant des faits et ils se laissent emporter par leur chauvinisme et leur racisme éhonté. Heureusement que ce genre de gens est de plus en plus rare au Québec, comme nous l'a démontré les élections du 7 avril dernier. Vive le PLQ et l'ouverture d'esprit!

vertigo dit :
13 septembre 2014 à 16 h 29 min

Il n'y a qu'au Québec qu'on se glorifie d'être deuxième. Belle ambition!

Gilles Laplante dit :
13 septembre 2014 à 16 h 42 min

Les seules limites géographiques acceptables pour évaluer une ville est le territoire sur lequel une ville peut imposer un règlement ou une taxe. Le reste, c'est du n'importe quoi.

Marie Ulric dit :
13 septembre 2014 à 16 h 51 min

Il y a 3,5 millions de personnes dans la grande région de Montréal. La langue publique commune de la majorité est le français. Mais ils sont nombreux les Montréalais à être complètement indifférents au statut de cette langue et à sa survie sur ce continent. Environ 40 000 nouveaux arrivants à chaque année. Les signaux qu'on leur envoie relativement au statut de la langue sont trop flous, trop ambigus pour qu'ils comprennent clairement que nous tenons à cette langue. On ne peut donc leur reprocher de contribuer à son affaiblissement. Les seuls responsables de l'amenuisement du français, ce sont les francophones eux-mêmes qui se laissent glisser doucement dans la pente de l'insignifiance historique.

F. Commonsens dit :
13 septembre 2014 à 17 h 04 min

Beg your pardon?

Jean-Paul dit :
13 septembre 2014 à 17 h 21 min

Un peu de clarté. Selon le gouvernement du Québec; Le volume des admissions de la période 2009 à 2013 s’élève à 262,211 immigrants, soit une moyenne annuelle de 52 442 nouveaux arrivants. La majorité (62,3 %) des personnes admises de 2009 à 2013 déclarent connaître le français au moment de leur arrivée : 36,7 % connaissent à la fois le français et l’anglais et 25,6 % connaissent le français uniquement. Plus d’un immigrant sur cinq (22,2 %) ne connaît ni le français ni l’anglais, alors que 15,5 % connaissent l’anglais seulement. Pour l’année 2013, la proportion de nouveaux arrivants qui déclarent connaître le français s’élève à 57,4 %.

Concernant la scolarité: Le niveau de scolarité des personnes admises de 2009 à 2013 est élevé. En effet, la majorité (57,0 %) d’entre elles, âgées d’au moins 15 ans, totalisent 14 années et plus d’études, alors que 13,6 % détiennent moins de 12 années et 11,4 % en possèdent de 12 à 13. Près de trois immigrants sur dix (29,0%) détiennent un très haut niveau de scolarité (17 années et plus).

Pierre Lavallee dit :
13 septembre 2014 à 17 h 34 min

Ah Impératif français, pourquoi laisser la vérité gâcher une belle histoire! Ils vivent encore dans leur bulle ne se doutant pas que leurs mensonges sont facilement détectés maintenant grâce à Internet.ils me font penser à ce cher Leo Paul Lauzon et ses chiffres abracadabrants!

Giosling dit :
13 septembre 2014 à 17 h 53 min

M.Péladeau, je ne sais pas si Montréal est la deuxième ou troisième ville francophone du monde, mais Paris n'est certainement pas la première. Quand une caissière d'un McDo parisien ne sait même pas de quoi vous parlez quand vous commander un McPoulet parce que pour eux, c'est un McChicken, il y a un léger problème de français. Quand faire son épicerie devient faire son shopping, il y a un léger problème de français. Quand vérifier son agenda devient regarder son planning, il y a un léger problème de français.

Voyez-vous M. Péladeau, si on regarde juste la qualité du français , il est évident que Paris est bien plus en queue de peloton qu'en tête de liste.

Denis Richard dit :
13 septembre 2014 à 18 h 13 min

Qui manipule les faits et les statistiques?

Montréal fût jadis.... la GRANDE Ville francaise en ASmérique.

Hélas, avec l`immigration massive sans l`intégration au français par les fédéralistes libéraux et l`exode des francophones car ils ne se sentent plus chez eux à Montréal ( ce fût mon cas ) Montréal sans mauvais pour l`avenir.

Même les salles de spectacle se vident, les cinémas de films québécois et en français aussi.

POURQUOI ne dit on pas la vérité.. Il y a que 47% de francophones restant sur l`Ile de Montréal

Denis Richard dit :
13 septembre 2014 à 18 h 13 min

Qui manipule les faits et les statistiques?

Montréal fût jadis.... la GRANDE Ville francaise en ASmérique.

Hélas, avec l`immigration massive sans l`intégration au français par les fédéralistes libéraux et l`exode des francophones car ils ne se sentent plus chez eux à Montréal ( ce fût mon cas ) Montréal sans mauvais pour l`avenir.

Même les salles de spectacle se vident, les cinémas de films québécois et en français aussi. POURQUOI ne dit on pas la vérité.. Il y a que 47% de francophones restant sur l`Ile de Montréal

yahoo dit :
13 septembre 2014 à 19 h 31 min

Giosling, le niveau de langue à Paris, malgré l'utilisation de quelques angliscisme, est à des millénaires du niveau de langue au Québec (que ce soit la grammaire, le vocabulaire plus riche, la syntaxe plus complexe et exacte etc). Votre texte est bourré de fautes.

Luc dit :
13 septembre 2014 à 21 h 12 min

Montréal n’est pas la deuxième ville française du monde:

On peut s'entrendre sur le fait que Montréal est sans conteste la première ville francophone en Amérique et du Nouveau-Monde. C'est quand même pas rien.

Les infrastructures font dure ça en est gênant, mais ça n'en reste pas moins le refuge des gens de cultures et d'origines diverses. C'est pas si mal pour un p'tit peuple fondateur vieux de quelque quatre siècles, d'arrivé a vivre et se chicaner dans une langue vernaculaire* venue d'une France d'outre-mer.

HYS

Marie L. dit :
13 septembre 2014 à 22 h 10 min

Montréal a longtemps été considérée comme la 2e ville française au monde mais il y a au moins une vingtaine d'années on a dit que c'était Alger. Dans ce temps-là, les Algériens instruits allaient à l'école française je crois. Aujourd'hui les Algériens parlent toujours un excellent français mais le système scolaire a été arabisé je crois.

C'est à cause de la démographie qu'Abidjan se classe maintenant 2e et je suis certaine que plusieurs ne parlent que leur langue africaine et pas le français.

À Montréal, tous les 40 et moins parlent français sauf s'ils sont récemment arrivés. Les enfants de la Loi 101 on les voit et les entend partout. Le plus illustre est probablement Amir Khadir. Son français est impeccable et ils sont des milliers comme lui à Montréal. Même si c'est leur 3e langue souvent. Montréal est plus française aujourd'hui qu'il y a 100 ans.

Anyway... ;-)

Marie L. dit :
13 septembre 2014 à 22 h 21 min

@ Jean-Paul

Un peu de clarté est bien instructif. Merci.

Marie L. dit :
13 septembre 2014 à 22 h 33 min

@ yahoo

Je suis d'accord avec vous au sujet du niveau de langue très élevé des Parisiens (et des Français en général).

Trop de gens ici ne ramènent le français qu'à une suite de mots. Le français c'est la structure des phrases, la prononciation, le vocabulaire, la grammaire, la rhétorique, etc.

Denis Vézina dit :
14 septembre 2014 à 4 h 46 min

M. Péladeau,

Pour faire suite à un commentaire précédent émis par moi-même sur ce même blogue,je tiens à dire que j'ai réussi le cours de ''Stat 337'' au CÉGEP contrairement aux maths ''plus avancés''. Ce cours devrait être obligatoire quitte à tronquer un cours de philo par exemple. Votre présent texte démontre l'importance de recourir aux statistiques pour appuyer une affirmation dans le cadre d'une conversation. Les statistiques sont accessibles au plus commun des mortels et permettent de quantifier. Beaucoup plus utile et moins abstrait à mon avis que le calcul différentiel et intégral ou l'algèbre vectoriel et linéaire.

Alain Sirois dit :
14 septembre 2014 à 9 h 01 min

Montréal est la première ville anglaise au monde parlant le créole franglais.

Jacques Plante dit :
14 septembre 2014 à 10 h 22 min

Combien des 9 millions d'habitants de Kinshasa parlent français couramment?? 10% gros max. Le Congo ce n'est pas l'Algérie où le tiers de la population parle français. Le Congo c'est plus près d'Haiti où 5% de la population parle français

Ceci dit c'est vrai que le français recule à Montréal.

GPinaud dit :
14 septembre 2014 à 11 h 12 min

@ Giosling Raisonnement tellement simpliste que cela vaut à peine une réponse... car vous n'avez pas l'air de connaître ce dont vous parlez, sans aucune nuance! Shopping ne veut même pas dire "aller à l'épicerie" qui se dit généralement "faire son marché". Le shopping "à la française", c'est aller dans les grands magasins, faire du lèche-vitrines ou faire des emplettes!

@ yahoo : totalement en accord avec votre réponse! Le niveau de langue moyen à Montréal est tellement médiocre et mêlé d'anglais! Un peu triste à entendre!

Eric dit :
14 septembre 2014 à 11 h 31 min

Je crois qu'avant de faire des comparaisons entre Montréal et Kinshasa, il faut faire attention.

Dire que Kinshasa est la deuxième ville francophone au monde, c'est comme si on sous entendait qu'elle serait plus influente que Montréal.

Or l'influence d'une ville tient beaucoup de la richesse et de la culture de ses habitants que simplement une histoire de nombre d'individus.

Les pays riches, peu importe leur langue ont beaucoup plus d'influence, de confort et de puissance que les pays pauvres comme le Congo.

On entend beaucoup plus parler de Bruxelles, capitale de l'Europe avec à peine plus d'un millions d'habitants, dont la majorité parle français, que de Kinshasa qui a beaucoup moins d'influence que Bruxelles.

audrey dépault dit :
14 septembre 2014 à 18 h 49 min

On sait que la majorité des pays francophones sont en Afrique. Et la population y grippe très rapidement. Ce n'est pas comme au Québec. Si on n'avait pas eu recours à un bon taux d'immigration depuis dix ans, le Québec compterait combien de millions d'habitants et avec quel pourcentage de retraités. On accuse l'immigration de faire reculer le français, est-ce que ce ne serait pas surtout la faute des Québécois de souche qui ont fait reculer le taux de natalité.

L'autre Ginette dit :
14 septembre 2014 à 19 h 47 min

Il n'y a rien à cirer que Montréal soit la deuxième ou la troisième ville française au monde, ce qu'il faut savoir, et cela est assez spécial et unique au monde : une personne vient au monde à Montréal, il grandit, étudie, va à l'université, se divertit, il travaille toute sa vie et meure, il a vécu toute sa vie et bien vécu sans avoir dit un seul mot de la langue de la majorité. Ça c'est unique au monde. Trouvez une ville semblable.