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Sans risque, sans controverse

FILM-GOLDENGLOBES/

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Bientôt quarante ans de carrière ininterrompue; loin d’être un mince défi, dans un monde où se sont succédé des révolutions technologiques qui ont transformé radicalement le son, les formats, les habitudes d’écoute, d’usage et de consommation de la musique enregistrée.

Bientôt quarante ans de carrière ininterrompue; loin d’être un mince défi, dans un monde où se sont succédé des révolutions technologiques qui ont transformé radicalement le son, les formats, les habitudes d’écoute, d’usage et de consommation de la musique enregistrée.

Pour Bono et The Edge, il y a aussi l’obsession de la pertinence. Le paradoxe; les inconditionnels (…et c’est la majorité des fans…) ne souhaitent aucun changement à une formule qu’ils ont consacrée; …les autres sont passés à autre chose depuis belle lurette. Ce CD récupère et remanie son lot de sonorités, de «chantons-ensemble», d’émotions programmées, évocatrices de l’âge d’or: Unforgettable Fire, Joshua Tree, Achtung Baby. Au lieu des Lanois et Iovine qui ont su cerner l’essentiel, des réalisateurs à succès d’une autre génération avec entre autres Danger Mouse, Paul Epworth (Adele) ou Ryan Tedder (One Republic) tentent de faire une différence. Mais ils se heurtent aux limites techniques, de style et d’image de marque du groupe, se limitant à orner. Pour imager, U2 garde la même coupe et dégaine, fréquente le même salon, mais passe sous la main des p’tits nouveaux, attrition oblige. Le résultat, onze chansons, quarante minutes, bourrées de leurs tics les plus accrocheurs, nostalgie à la clef (Every Breaking Wave/With or Without You). Certaines chansons (California ou Song for Someone) flirtent avec la Muzak, première appellation contrôlée de musique utilitaire ou d’ascenseur. On croirait entendre parfois des chœurs à la Katy Perry ou de l’édulcorant à la Tiesto.

Bref U2 se la joue, malgré les apparences, sans risque, confortable, surtout sans controverse. Les textes dissertent ou évoquent leurs débuts, Dublin, leurs influences musicales dont les Ramones, The Clash, Kraftwerk, les “Troubles”, la mère de Bono, dans des mots qui résonnent plus qu’ils n’informent. Avec l’opération iTunes et son association avec Live Nation, U2 joue toujours dans la cour des grands, à défaut d’être intéressant.

 

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