/misc
Navigation

Aussi politique qu’un pont, les urgences, un budget

Coup d'oeil sur cet article

 Cette fois, le changement du patron de l’informatique au gouvernement du Québec sera-t-il l’occasion d’une prise de conscience du caractère politique des décisions informatiques? D’une prise de conscience de leurs implications pour une société qui se veut démocratique?

Je ne connais pas Jean-Marie Lévesque, celui qui depuis 2012 occupait le poste de dirigeant principal de l’information et de président-directeur général du Centre de services partagés du Québec (CSPQ). Pas plus que je ne connais son remplaçant, Jean-Guy Lemieux, qui deviendra ainsi le numéro un de l’informatique au gouvernement du Québec.

J’espère cependant que ce remplacement par un nouveau gouvernement en cette reprise de session parlementaire marque le début d’une nouvelle ère. Après tous les couteux dérapages informatiques, notamment ceux révélés dans la série Le bordel informatique par les journalistes d’enquête du Journal. Après la houleuse et révélatrice commission parlementaire de juin dernier sur l’informatique gouvernementale. Avec l’importance et l’omniprésence croissantes de l’informatique dans nos vies individuelles et collectives.

Les élus et la population doivent reconnaitre que l’informatique est désormais une affaire trop importante pour être laissée entre les seules mains des informaticiens.

L’informatique n’est pas qu’un ensemble d’outils dont on laisse la conception aux techniciens pour mettre en œuvre la loi ou la politique publique, une fois adoptée.

L’informatique cela peut être très couteux pour les contribuables... et très payant pour les entreprises qui décrochent les contrats.

L’informatique c’est souvent structurant, autant que la construction d’un pont, d’une autoroute ou de n’importe quelle autre infrastructure. C’est donc souvent contraignant, une fois construit (lorsqu’on y arrive) tout autant que cela peut être libérateur.

L’informatique, c’est aussi de plus en plus compliqué. Sa réussite nécessite donc la participation des décideurs. Sa réussite nécessite l’expérience et les connaissances de ceusses qui devront travailler avec. Sa réussite nécessite l’expression et la compréhension des besoins, contraintes et réalité de ceusses, vous et moi, qui devront vivre avec.

L’informatique, c’est donc souvent politique. Et dans une société qui se veut démocratique, cela devient alors trop important pour être laissé aux seuls technocratiques ou aux fournisseurs, plus bas soumissionnaires ou non.

Mon espoir est que c’est la leçon que les élus et nous, la population, commençons ensemble à apprendre.

2 commentaire(s)

danie dit :
18 septembre 2014 à 7 h 47 min

Un jour on va comprendre que tout est politique.

Pour ce qui est du dossier informatique du gouvernement, j'espère que le nouveau remplaçant n'a pas été choisi qu'en fonction de ses qualités de gestionnaire mais qu'il connait également l'informatique. Il faut qu'il sache combien il faut de temps pour réaliser telle ou telle étape.

Dans la fonction publique, il faut aussi quelqu'un qui sache dire non aux demandes des "gestionnaires" car chacun d'eux a ses demandes particulières, généralement de faire en sorte de faire comme avant mais en le faisant de façon informatisée. Un nouveau patron arrive, de nouvelles demandes arrivent en même temps.

diane veilleux dit :
22 septembre 2014 à 23 h 33 min

M. Lemieux, pour sa part, est diplômé en sociologie et en psychologie. Il cumule beaucoup d’expérience comme gestionnaire, mais peu en informatique. Il a été attaché politique et directeur de cabinet durant cinq ans à l’époque de Robert Bourassa pour le Parti libéral, le même parti qui vient de le nommer grand patron informatique.

En tout cas ça promet! (sic)