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Bordel informatique

EBR sur la liste noire

DM UPAC -05
Daniel Mallard/JOURNAL DE QUEBEC

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Après les firmes de génie, voilà que Québec place une firme informatique sur sa liste noire, soit Informatique EBR, un fleuron de Québec.

Le codirigeant d’EBR, Mohamed El Khayat a été arrêté par l’UPAC durant l’été. Il est accusé d’avoir bâti un stratagème frauduleux avec le grand patron informatique du ministère de la Sécurité publique (qui chapeaute l’UPAC), Abdelaziz Younsi. Les deux individus sont accusés d’abus de confiance, de fraude (évaluée à 400 000$) et de fabrication de faux.

Des documents judiciaires obtenus montrent même que ce dernier aurait tenté, sans succès, de favoriser illégalement la firme EBR dans un projet informatique…de l’UPAC.

Le Conseil du trésor a annoncé, jeudi après-midi, que l’entreprise devra obtenir une autorisation de contracter auprès de l’Autorité des marchés financiers si elle veut continuer de travailler avec le gouvernement. La démarche vise à «s’assurer que l’entreprise respecte les hauts standards d’intégrité auxquels le public est en droit de s’attendre», a écrit le gouvernement par voie de communiqué.

Même les contrats en cours

Le gouvernement va plus loin en demandant même à l’entreprise d’obtenir une autorisation pour des contrats qu’elle a déjà remportés et qui sont en cours d’exécution avec le Centre des services partagés du Québec. Cette décision pourrait faire très mal à la firme.

Cela concerne neuf contrats totalisant 11,25 M$ et six contrats remportés conjointement avec d’autres firmes, totalisant au moins 120 M$. EBR est notamment impliqué dans l’implantation des fameux tableaux blancs interactifs dans les écoles du Québec. Ce gros mandat était crucial pour l’entreprise qui détient «84 % des parts de marché de vente» de la technologie choisie par Québec pour ces tableaux, selon le site internet de l’entreprise.

La firme EBR est une histoire à succès à Québec en plus d’être un partenaire de confiance important du gouvernement provincial pour ses projets d’informatisation.

Nommée entreprise de l’année en 2014 par la Chambre de commerce de Québec, la firme a reçu du gouvernement provincial près de 130 contrats totalisant plus 17 M$ depuis 2009.

L’accusé était connu à Québec

Faisant affaire avec des centaines d’organisations au Canada, EBR est aussi connue en raison de l’histoire de son cofondateur et dirigeant, Mohamed El Khayat, considéré comme un grand modèle d’intégration culturelle. Il a lancé l’entreprise avec Denis Blais en 1991 quelques années après son arrivée au Québec.

Souvent dans les médias, le Marocain d’origine a notamment été lauréat du prix Grand Bâtisseur québécois et reçu le prix Immigrant du monde de la Chambre de commerce de Québec. Il a aussi été vice-président du Conseil interculturel de la ville de Québec.

L’année 2014 est plutôt pénible pour la firme. Au début de 2014, les codirigeants d’EBR, Denis Blais et Mohamed El Khayat, venaient de s’inscrire au registre des lobbyistes pour aider le gouvernement, par une technologie, à détecter les fraudes. Aujourd’hui, le gouvernement refuse de contracter avec eux sans autorisation et un des deux dirigeants est accusé au criminel.

Personne chez Informatique EBR n’a décroché le téléphone pour nous parler, hier, en fin d’après-midi.

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