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Fermetures des conservatoires: les artistes se mobilisent

Yannick Nézet-Séguin, directeur artistique et chef principal de l'Orchestre métropolitain
Photo Marie-Claude Forest / Agence QMI Yannick Nézet-Séguin.

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Des artistes comme le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin et la soprano Marie-Josée Lord dénoncent les rumeurs de fermeture des cinq pôles régionaux du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec. De son côté, la ministre de la Culture, Hélène David, a parlé jeudi d’une décision «prématurée».

L’arrêt des activités envisagé par le conseil d’administration du réseau des conservatoires, dans la foulée des coupes que le gouvernement Couillard cherche à faire pour équilibrer les finances publiques, toucherait les conservatoires de musique de Gatineau, Rimouski, Saguenay, Trois-Rivières et Val-d’Or.
 
Selon les plus récents échos, seules les institutions de Québec et de Montréal, qui touchent à la fois à la musique et à l’art dramatique, pourraient être préservées pour la rentrée de 2015. On évoque un déficit accumulé de 12 millions $ au sein du réseau pour expliquer cette menace.
 
Le conseil d'administration des conservatoires doit faire connaître sa position à la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, à l’issue de sa réunion de vendredi. Un rapport doit être transmis à cette dernière d’ici la fin du mois.
 
Dans une lettre publiée dans «Le Devoir», Yannick Nézet-Séguin et les musiciens de l’Orchestre métropolitain défendent le réseau des Conservatoires auprès de la ministre David.
 
«Madame la ministre, nous sommes convaincus de l’importance capitale du réseau des Conservatoires pour le Québec, ont écrit M. Nézet-Séguin et ses musiciens. Il faut non seulement préserver et assurer la pérennité de cette grande institution, mais aussi lui permettre de se développer, de s’épanouir et de permettre enfin à ses artisans de se concentrer sur autre chose que leur simple survie.»
 
Dans la lettre, M. Nézet-Séguin rappelle que des artistes formés par les Conservatoires, dont Karina Gauvin, Marie-Nicole Lemieux, Marie-Josée Lord, David Jalbert, Marc Hervieux, Angèle Dubeau, Jacques Lacombe et Alain Trudel, brillent ici et à l’étranger.
 
La soprano Marie-Josée Lord, sur Facebook, est aussi montée aux barricades en précisant qu’elle a eu la chance, en étant élevée à Lévis, d’avoir le Conservatoire de Québec à proximité de chez elle. Une chance qui n'est pas donnée à tous.
 
«Mme la ministre, de par votre décision aujourd’hui vous brisez l’épanouissement musical de plusieurs générations à venir et vous rendez difficile leur accès à un enseignement à la mesure de leur talent, a écrit Mme Lord. Montréal est à six heures de Val-d’Or, cinq heures de Rimouski et deux heures de Trois-Rivières. Le choix que vous laissez aux parents concernés, c’est soit de déménager à Montréal, soit de laisser mourir le talent.»
 
Fermeture, un mot prématuré
 
Jeudi, à l’Assemblée nationale, le député péquiste de Rimouski, Harold Lebel, a talonné la ministre en lui demandant de faire connaître ses véritables intentions en ce qui concerne l’avenir des conservatoires. Mme David a dit attendre les conclusions du rapport du conseil d’administration, qu’elle n’a pas encore lu.
 
«Selon moi, c’est un mot [fermeture] qui est entièrement prématuré et qui n’est pas pertinent dans l’état actuel de la situation, a dit Hélène David à des journalistes. Écoutez, je n’ai même pas lu, je n’ai pas reçu le rapport. […] Attendons, faisons les choses correctement, et les choses correctement ça veut dire, oui, protégez l’offre culturelle en région, l’offre de formation en musique et le gouvernement est très près des régions.»
 
Dans le Bas-Saint-Laurent, où le milieu se mobilise, un comité de sauvegarde a spontanément vu le jour et six délégués de la région ont assisté à la période de questions de jeudi à Québec. Parmi ceux-ci, on comptait le préfet de la MRC Rimouski-Neigette, le président de l'Association des étudiants du conservatoire et des représentants d'organismes culturels de Rimouski.
 
Plus de 7800 signatures
 
La pétition demandant la sauvegarde des conservatoires en région mise en ligne mercredi sur le site de l'Assemblée nationale avait déjà recueilli plus de 7700 signatures, 24 heures plus tard.
 
Grande inquiétude à Trois-Rivières
 
Selon toute vraisemblance, le Conservatoire de musique de Trois-Rivières devra mettre la clé sous la porte le 30 juin prochain.
 
Un quotidien de Québec a obtenu copie d'un rapport confidentiel produit par le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, qui prévoit la fermeture de cinq des sept conservatoires.
 
C'est un rapport qui inquiète énormément à Trois-Rivières, puisque le conservatoire célèbre justement cette année ses 50 ans d'existence.
 
Les jeunes qui fréquentent le conservatoire ont entre 10 et 25 ans. Ils sont entre 75 et 80 à fréquenter l'établissement chaque année.
 
Les administrateurs avaient tous reçu ordre de ne pas accorder d'entrevue aux médias. Une étudiante rencontrée jeudi prenait quand même très mal ces rumeurs. «On se sent impuissants. Les étudiants prennent ça difficilement. Notre meilleure arme est de se faire connaître», de dire Camille Michel Touchette.
 
Le milieu culturel du Saguenay-Lac-Saint-Jean inquiet
 
La menace de fermeture qui plane sur le Conservatoire de musique de Saguenay inquiète le milieu culturel du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
 
Un mouvement de protestation s'organise en attendant la décision de la ministre de la Culture, Hélène David.
 
Un comité de survie sera bientôt mis sur pied et une pétition circule sur le web.
 
Actuellement, 120 élèves fréquentent le Conservatoire de musique de Saguenay.
 
Les élèves sont inquiets. Ils souhaitent poursuivre leur formation sans devoir déménager dans les grands centres.
 
La ministre de la Culture a récemment demandé aux gestionnaires des conservatoires du Québec de trouver une solution aux problèmes financiers.
 
La recommandation serait de fermer tous les conservatoires en région, sauf ceux de Montréal et Québec.
 
Les représentants syndicaux de Saguenay rétorquent que les travaux de rénovation du Conservatoire de Montréal, réalisés au coût de 45 millions $, seraient en bonne partie responsables des problèmes financiers du réseau.
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