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C’est parti !

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Le système de santé emploie près de 300 000 personnes. La machine administrative est d’une lourdeur extraordinaire. On dénombre 8500 fonctionnaires, soit autant que de médecins spécialistes.

Le système de santé emploie près de 300 000 personnes. La machine administrative est d’une lourdeur extraordinaire. On dénombre 8500 fonctionnaires, soit autant que de médecins spécialistes.

Nous avons 18 Agences de la santé et des services sociaux, contre 14 en Ontario pour une population une fois et demie plus nombreuse et 5 en Colombie-Britannique. Nous avons le ratio de fonctionnaires de la santé le plus élevé au pays.

Ces statistiques m’avaient été déclinées parmi plusieurs autres par Gaétan Barrette, en août 2012, au cours d’une entrevue pendant la campagne électorale. Il était alors candidat pour la CAQ.

L’ex-président de la Fédération des médecins spécialistes avait déjà les Agences de la santé et des services sociaux dans sa mire. Il était déterminé à alléger la structure administrative du réseau de la santé, s’il en devenait le ministre.

Il croyait profondément en la nécessité de redonner plus de pouvoir aux directions des institutions et du même coup aux médecins.

Dans le collimateur

Les Agences de la santé et des services sociaux seront donc sûrement dans le collimateur de la révision des programmes du ministre Martin Coiteux. La remise en question du nombre ou même de l’existence de telles structures administratives intermédiaires, comparables aux commissions scolaires en éducation, a de plus l’avantage de ne pas faire pleurer dans la population.

Les seuls qui monteront aux barricades seront les fonctionnaires de ces agences et les associations qui les représentent, aux fins d’exercer des pressions sur le gouvernement pour faire gonfler ces appareils bureaucratiques.

Stratégiquement, le ministre Coiteux devrait même commencer l’émondage de ce côté de l’arbre. Ce serait bien reçu dans la population, il aurait l’appui du ministre sectoriel et cela lui donnerait un élan avant de toucher à des programmes devenus de vaches sacrées aussitôt créés, comme les services de garde et les congés parentaux.

Le syndrome de Stockholm

J’ai écrit à quelques reprises que les supposées coupures annoncées ces dernières années, et depuis l’arrivée au pouvoir de Philippe Couillard, n’avaient pas encore été prises au sérieux ou n’avaient pas encore fait vraiment mal. Je m’appuyais sur le fait que ces annonces d’intentions de couper n’agitaient aucunement la haute fonction publique.

Ce n’est plus le cas. Les manchettes sur l’examen des économies à faire dans la politique familiale du gouvernement du Québec, l’une des plus généreuses au monde, n’étaient pas des ballons d’essai du Conseil du trésor. Il connaît déjà la force du vent.

La bureaucratie dans la structure de chaque ministère est victime du syndrome de Stockholm et se porte à la défense de ses programmes et de ses clientèles, qu’elle alerte des menaces qui planent. Il arrive aussi fréquemment qu’elle refile des informations aux partis d’opposition qui deviennent autant de munitions pour mettre le gouvernement dans l’embarras et ameuter les groupes de pression.

Des ministres tombent même souvent dans le même piège, surtout lorsque ces mêmes clientèles leur font sentir qu’elles mesureront son efficacité et son influence à la table du conseil des ministres à l’aune de la protection de ses budgets. C’est parti! Les médias seront grassement nourris au cours des prochains mois.

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