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200 militants sur son terrain

Une agricultrice prête son terrain à des militants pour lutter à sa manière contre le projet d’Enbridge

Claire Durocher
Photo Le Journal de Montréal ,Fanny Arnaud

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Regrettant d’avoir autorisé le passage d’un pipeline sous sa propriété, une agricultrice de 65 ans va prêter son terrain pendant 15 jours à des militants de la lutte contre les hydrocarbures.

Regrettant d’avoir autorisé le passage d’un pipeline sous sa propriété, une agricultrice de 65 ans va prêter son terrain pendant 15 jours à des militants de la lutte contre les hydrocarbures.

«J’ai 65 ans et je travaille, alors je n’irai pas brandir des pancartes sur la rue Sainte-Catherine», explique Claire Durocher, propriétaire de la pépinière Rockart. «Leur prêter ce terrain, c’est ma contribution.»

Jusqu’à 200 personnes sont attendues du 20 septembre au 4 octobre pour camper sur une partie de sa terre, là même où passe le pipeline d’Enbridge, à Saint-André-d’Argenteuil, dans les Laurentides.

Le regroupement appelé Camp Ligne 9 vise à échanger et réseauter sur la question de l’arrivée du pétrole des sables bitumineux au Québec.

Mme Durocher se dit très concernée par l’utilisation du pétrole. Sa pépinière est traversée par un pipeline, et l’année dernière, de lourds travaux ont été effectués par Enbridge sur sa propriété, car neuf anomalies avaient été décelées.

«Le pire, c’est que c’est moi qui ai signé il y a 40 ans pour que le pipeline passe ici», confie-t-elle, précisant qu’à cette époque, «l’environnement n’était pas un sujet de conversation».

Aujourd’hui, elle a trois enfants et elle ne veut pas leur léguer une terre «polluée au bout».

Camp ligne 9

Les organisateurs du camp n’en sont pas à leur premier fait d’armes. En mai dernier, ils ont marché de Cacouna à Kanesatake pour manifester contre l’exploitation des hydrocarbures.

«La marche a enclenché un rapport de force, on s’est regroupé, et maintenant, on veut mettre en place des actions», explique Alyssa Symons-Belanger, coorganisatrice.

Pendant les deux semaines que durera le camp, des ateliers vont avoir lieu sur différents aspects du militantisme. Plusieurs groupes vont se retrouver pour échanger des idées et planifier le calendrier des actions à venir.

«On est là pour se demander «qu’est-ce qu’on fait?», on ne veut pas utiliser les vieilles recettes», affirme Flore Million, une participante.

Campement

La pépinière s’étend sur plus d’un hectare dont seulement la moitié est utilisée. Il y a des douches et des toilettes à l’extérieur dont pourront profiter les campeurs.

«Les camps autogérés sont le plus souvent dans des champs. On a de la chance d’être ici», affirme Flore.

Des tentes sont montées sous d’anciennes serres et une cuisine a été improvisée. La météo ne s’annonce pas très clémente pour les semaines à venir, mais les militants ne s’en soucient pas.

«On est là, quel que soit le temps, c’est un risque à prendre», confie Flore.

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