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Belle arrogance des Américains au CRTC

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Toutes les sociétés de télédiffusion ou de distribution télé ont dépêché aux audiences du CRTC «Parlons télé: une conversation avec les Canadiens» les membres les plus importants de leur direction. Netflix a fait exception. Pendant que Reed Hastings, le président, faisait des ronds de jambe en France où il a lancé son service le 15 septembre, à Gatineau, c’est Corie Wright, sa directrice des affaires publiques, qui constituait toute sa délégation.

Toutes les sociétés de télédiffusion ou de distribution télé ont dépêché aux audiences du CRTC «Parlons télé: une conversation avec les Canadiens» les membres les plus importants de leur direction. Netflix a fait exception. Pendant que Reed Hastings, le président, faisait des ronds de jambe en France où il a lancé son service le 15 septembre, à Gatineau, c’est Corie Wright, sa directrice des affaires publiques, qui constituait toute sa délégation.

La principale fonction de Mme Wright est de s’assurer que Netflix jouisse de l’environnement le moins réglementé possible. Surtout qu’il reste loin des doigts crochus du CRTC. Rien d’étonnant qu’elle n’ait pas donné de réponses aux questions «indiscrètes» de Jean-Pierre Blais, président du CRTC. Elle a même refusé de révéler combien Netflix a d’abonnés au Canada. Suite à un ordre formel de Blais, Netflix devait fournir ce renseignement «ultra-secret» pour 17 h hier.

Comme les «Majors»

Pareille arrogance rappelle celle des «majors» du cinéma américain. En compagnie de Clément Richard, ministre des Affaires culturelles, j’étais allé les rencontrer à Los Angeles au début des années 1980. J’étais alors président de l’Institut québécois du cinéma. Nous voulions convaincre les majors de ne pas boycotter le Québec si une nouvelle loi les obligeait à présenter, en même temps que leurs films, des versions doublées en français. Ils nous ont écoutés, n’ont pas dit un mot, puis nous ont fait visiter les studios et le back lot d’Universal. Fin des discussions!

Comme Netflix aujourd’hui, les «majors» du cinéma considèrent que le Canada fait partie de leur «marché domestique». Puisque nous sommes chez nous chez vous, pensent-ils, vous n’allez pas nous emmerder avec vos contraintes et vos taxes!

À l’heure actuelle, nos distributeurs de télé par câble ou par satellite doivent contribuer un pourcentage de leurs revenus à la production d’émissions canadiennes. En fin de compte, c’est l’abonné du câble qui paie pour cette exigence. Si Netflix et les autres services internet étaient soumis à la même obligation, c’est encore le consommateur qui la défraierait, mais Netflix avouerait du même coup qu’on peut lui dire quoi faire et comment le faire.

Ponctionnés de tous les côtés

À l’heure actuelle, les «Netflix» de ce monde sont exempts de toute obligation. Comme s’il avait voulu provoquer nos propres distributeurs et mettre le feu aux poudres, dans le document qui sert de base aux audiences, le CRTC laisse entrevoir qu’il pourrait aussi les forcer à se départir d’un pourcentage des revenus qu’ils tirent des émissions originales qu’ils offrent en ligne. En d’autres termes, on les ponctionnerait de tous les côtés, tout en épargnant Netflix.

C’est avec Google et Netflix que les commissaires ont été les plus cassants. Est-ce parce qu’ils savent bien que Netflix et les autres ne seront jamais «taxés», la ministre du Patrimoine Shelly Glover et le premier ministre Harper l’ayant déjà claironné publiquement?

N’est-ce pas aussi la raison pour laquelle les Américains ont regardé les commissaires du CRTC de haut, se sachant hors d’atteinte?

Télépensée du jour

Si les djihadistes reviennent au pays accoutrés comme ils le sont au Moyen-Orient, on n’aura aucun mal à les reconnaître.

 
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