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Charbonneau

Collusion à Montréal : une «tempête parfaite»

Jacques Bergeron
Sarah Bélisle / JdeM Jacques Bergeron

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La collusion était érigée dans un système si «parfait» à la Ville de Montréal qu’encore aujourd’hui, le Vérificateur général peine à en détecter les indices a posteriori.

«On est retourné au rapport de 2006 de vérification interne. À l'époque, on n'a pas vu d'indice [de la collusion]. On n'en voit pas encore aujourd'hui. On ne comprend pas ce tableau-là», a laissé tomber le Vérificateur général (VG) Jacques Bergeron devant la commission Charbonneau mardi matin.

Les allégations entendues devant la commission Charbonneau font dire au VG que la corruption et la collusion étaient érigées en véritable «tempête parfaite» à la Ville de Montréal.

C’est que toute tentative de vérification se fait avec des documents inexacts approuvés par des participants du système, explique celui qui bénéficie d’un budget annuel de 6 M$.

«La chaîne de commandement elle-même était corrompue», note le VG.

« Tout balançait »

«On a différents individus [à l’interne] qui contrôlaient le cycle: l’estimation des coûts, la surveillance de chantier, contrôle des extras, reddition de compte aux élus. Tout le système a été mis en place et tout balançait, explique M. Bergeron. On avait les bons documents. Les bonnes autorisations.»

Ainsi, «on a des documents qui sont présents [pour la vérification], mais qui ne sont pas véridiques et qui sont autorisés par des gens qui sont eux-mêmes dans le système. C’est un système parfait.»

Le VG en conclut donc qu’«une limite du contrôleur interne, c’est justement la collusion». La vérification seule des documents peut difficilement permettre la détection de tel système.

D’autant plus que les entrepreneurs collusionnaires faisaient de leur côté une rotation dans les contrats.

Pour remédier à la situation, le Vérificateur général suggère notamment d’améliorer la protection offerte aux dénonciateurs.

«C’est très surprenant qu’il n’y ait pas eu de dénonciation de la part de gens qui ont vu des choses, croit le VG. Le système était tellement gros, tellement vaste, tel qu’il a été décrit à la commission, que c’est pratiquement impossible que des gens honnêtes à la Ville n’aient pas vu quelque chose.»

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