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Santé | Innovation

Contrôler une envie de pipi grâce à un cellulaire

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Les gens aux prises avec un problème d’incontinence pourraient un jour contrôler une furieuse envie d’uriner en un simple clic à l’aide d’un téléphone intelligent, grâce à l’invention d’un jeune chercheur montréalais.

Cet appareil viendrait remplacer le petit muscle en forme d’anneau qui contrôle l’ouverture et la fermeture du conduit de la vessie: le sphincter.

Chez près de 10 % des Canadiens, selon ­Statistique Canada, ce muscle est défaillant et est incapable de retenir l’urine adéquatement: c’est l’incontinence urinaire.

Sami Hached, doctorant en génie électrique à l’École Polytechnique, a consacré sa thèse à la quête d’une solution pratique et non douloureuse pour ces milliers de personnes.

Et au terme de près de cinq ans de recherche acharnée, il a mis au point trois prototypes de sphincters électroniques. Le plus sophistiqué est commandé et alimenté en énergie sans fil, grâce à la technologie Bluetooth.

«Ce sont des sphincters intelligents qui n’ont pas besoin de contact mécanique pour fonctionner, qui protègent vos organes et font attention à votre intimité», explique M. Hached.

«C’est particulièrement pratique pour les personnes à mobilité réduite ou qui vivent en région éloignée, précise le chercheur. Le médecin vous rend visite dans votre salon. Oui. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est la réalité!», se ­réjouit-il.

Douleur

L’invention de M. Hached pourrait bien changer la vie des patients qui souffrent d’incontinence urinaire sévère. Pour eux, à part les couches, la seule solution disponible depuis plus de 30 ans est un sphincter hydromécanique qu’il faut activer manuellement en pressant fortement une petite pompe implantée dans le scrotum, chez l’homme, et dans une des grandes lèvres de la vulve, chez la femme.

En plus d’être inconfortable et douloureuse, l’activation de la pompe requiert une certaine dose de dextérité motrice. Les personnes âgées ou handicapées ont donc souvent de la difficulté à commander seules le dispositif.

«Je rêve de donner la chance à ces personnes qui souffrent en silence, qu’on a oubliées depuis plus de 30 ans à cause de ce dispositif bête et méchant, de rêver aussi», souffle le chercheur.

Et son rêve fait d’ores et déjà le tour du globe avec un succès retentissant.

M. Hached présentera son invention demain à la finale internationale du concours Ma thèse en 180 secondes, à Montréal. Il représentera la province face à douze autres étudiants venus notamment de Belgique, de France et du Maroc.

 

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