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Trolls en boîte

Des décors signés par un Québécois

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Saviez-vous que les magnifiques décors du film d’animation Trolls en boîte avaient été conçus par le Québécois Michel Breton? Le concepteur visuel a accepté de lever le voile sur son travail de plusieurs années.

Saviez-vous que les magnifiques décors du film d’animation Trolls en boîte avaient été conçus par le Québécois Michel Breton? Le concepteur visuel a accepté de lever le voile sur son travail de plusieurs années.

On le réalise rarement, mais un film d’animation en image par image («stop motion» en anglais) nécessite plusieurs années de travail. Les studios Laika, qui nous ont donné Coraline, Paranorman et maintenant Trolls en boîte, se spécialisent dans cette technique nécessitant un engagement soutenu et un souci du détail sérieux.

Michel Breton est impliqué dans le projet depuis les tout débuts. «J’ai travaillé avec le réalisateur [NDLR: Anthony Stacchi, Graham Annable a joint les rangs plus tard] et un ou deux artistes de scénarimage pour trouver un look.»

Michel Breton est aussi connu des studios Laika puisqu’il a travaillé sur Coraline avec le réalisateur Henry Selick, film d’animation sorti en 2009 et qui a projeté la compagnie de Portland sous les feux des projecteurs médiatiques.

L’inspiration…

«Évidemment, au début, on ne sait pas où l’on s’en va! [rires] J’ai rencontré le réalisateur une fois, au début du projet. Et après, nous avons travaillé ensemble pendant deux ans, à distance. Ça a été extraordinaire, la connexion s’est très bien faite, tant par courriel que par téléphone. Nous n’utilisions même pas Skype!»

Adaptation d’un roman jeunesse, Trolls en boîte (v.f. de The Boxtrolls) se déroule dans la ville de CheeseBridge, où la classe dirigeante se goinfre de fromage. Parallèlement, des créatures étranges – les fameux Trolls du titre – sont accusées par la population d’enlever les enfants pour les manger. Mais rien n’est plus faux et un jeune garçon, recueilli par ces êtres bizarres, va tout faire pour les sauver.

La ville de CheeseBridge a un look qui n’est pas sans rappeler le vieux continent. «Je faisais des dessins au fur et à mesure et nous essayions de trouver un style et une vision. [...] Le réalisateur, c’est dieu. Je dois saisir ce qu’il veut. Ce qui est en haut de la pyramide, c’est le film.»

«Ce look n’est pas né du premier coup. [...] Il y a deux mondes, un qui est en haut et un souterrain. Il faut donc bien identifier la connexion entre les deux mondes ainsi que la nature des personnages afin de donner une juste représentation de cet univers», a expliqué Michel Breton.

«Mon traitement graphique a débuté en fils noirs, avec beaucoup d’ombres intenses et de lumières aussi très intenses. Et, lors d’un courriel, nous nous sommes dit que cela ressemblait à de l’expressionnisme allemand [NDLR: mouvement artistique du début du XXe siècle qui présentait une réalité transformée par l’artiste]. J’avais, justement, dans ma bibliothèque, un bouquin sur le peintre Lyonel Feininger, membre du groupe expressionniste allemand et j’ai commencé à potasser ce qu’il avait fait et à m’inspirer, comme une éponge, d’éléments graphiques de ce langage-là.»

Un deuxième niveau de lecture

Une fois cette veine trouvée, tous les artisans de Trolls en boîte ont travaillé dans la même direction. «Ça a débordé partout, même dans ce qui n’est pas de moi. Les personnages, notamment, sont peints en rouge et en bleu. C’est un élément très présent dans l’expressionnisme allemand», a souligné le concepteur visuel.

«Au début, les décors étaient beaucoup plus droits, beaucoup plus “vieille Angleterre” et ils sont devenus progressivement beaucoup plus ondulés», au point que Michel Breton s’est demandé comment l’équipe des menuisiers allait pouvoir construire – et surtout faire tenir – ces décors qui semblaient défier les lois de la gravité!

Le long métrage se déroulant également dans le monde souterrain des Trolls, Michel Breton a porté une attention particulière à l’environnement de ces créatures, dessinant une caverne au look particulièrement vivant et poétique, en opposition totale à la ville.

«Au début du film, on pense que les monstres sont en bas, alors qu’on s’aperçoit, qu’en fait, ils sont en haut. Les humains sont les monstres. Voilà ce qu’il fallait traduire. Il fallait jouer sur l’inversion, trouver un univers plus fantasmagorique [pour les Trolls].»

 

 

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