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Disques

Pur americana à la Mellencamp

John Mellencamp performs

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Son parcours est celui d’un individualiste, un idéaliste solidement ancré dans les valeurs d’une Amérique rurale et, paradoxalement, dans les valeurs de la contre-culture. Ajoutez-y l’influence du philosophe Henry David Thoreau, un zeste de droiture morale, et Mellencamp est devenu l’un des champions de cette Amérique de l’intérieur qui refuse obstinément de se laisser embobiner par le discours des élites.

Son parcours est celui d’un individualiste, un idéaliste solidement ancré dans les valeurs d’une Amérique rurale et, paradoxalement, dans les valeurs de la contre-culture. Ajoutez-y l’influence du philosophe Henry David Thoreau, un zeste de droiture morale, et Mellencamp est devenu l’un des champions de cette Amérique de l’intérieur qui refuse obstinément de se laisser embobiner par le discours des élites.

Vivant toujours en Indiana, ce fondateur de Farm Aid, qu’il soutient aussi en tant qu’activiste, livre ici un autre brûlot incendiaire pourfendant les idées reçues. D’abord, la solitude, ou plutôt la joie de vivre en solitaire (The Isolation of Mister) pour un homme marié à 19 ans, qui a eu cinq enfants et trois mariages, ce qu’il définit comme l’espace vital pour exister. Puis, réitérant un constat: le côté obscur de la psyché américaine, invitant à se rappeler Steinbeck, flirtant avec l’autodestruction et la haine de soi (The Company of Cowards). Il en rajoute une couche avec Troubled Man. Sur une note plus philosophique, il reconnaît le baume que représente le refuge dans la spiritualité (Sometimes There Is God), mais reste sarcastique sur les institutions religieuses (Lawless Times). Refusant de jouer au jeunot malgré le fait qu’un parfum âcre de rébellion s’exhale de tous ses pores, il y va d’une charge en règle contre le mariage précoce (The Brass Ring) particulièrement touchante. Pas vraiment politisé, Mellencamp reste néanmoins un constitutionnaliste convaincu (Freedom of Speech), nostalgique d’une justice poétique, celle de Guthrie, de This Land Is Your Land. Sa prose est réaliste, le ton lucide, prompt à interpeller. Puis, la musique, du pur americana, mais arrangé à la Mellencamp, avec des constructions mélodiques imparables, beaucoup de couleurs instrumentales, une omniprésence des guitares acoustiques, quelques notes éparses de fiddle, d’accordéon et de claviers complètement au service du chanteur; un de ses meilleurs enregistrements en carrière. Certains feront un rapprochement avec le Dylan de Blood on the Tracks. Ils auront raison (The Courtesy of Kings). Pour les inconditionnels de longue date.

 

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