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Anticosti

Le pétrole ravive l’espoir

La population de l’île d’Anticosti décline de manière inquiétante depuis quelques années

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PORT-MENIER | Le village de Port-Menier se meurt à petit feu. Alors que l’école se vide et que l’épicerie est passée à un cheveu de fermer ses portes l’an dernier, la perspective qu’on exploite un jour du pétrole sur l’île d’Anticosti redonne espoir aux résidents, mais en inquiète aussi plusieurs.

PORT-MENIER | Le village de Port-Menier se meurt à petit feu. Alors que l’école se vide et que l’épicerie est passée à un cheveu de fermer ses portes l’an dernier, la perspective qu’on exploite un jour du pétrole sur l’île d’Anticosti redonne espoir aux résidents, mais en inquiète aussi plusieurs.

En 1984, près de 350 personnes vivaient à Port-Menier. Trente ans plus tard, il n’en reste que 210, soit 40% de moins.

Les Anticostiens d’origine ne représentent plus qu’une minorité. Les jeunes familles quittent l’île, attirées par un avenir meilleur dans les plus grandes villes comme Sept-Îles ou Rimouski, où les enfants peuvent poursuivre leurs études secondaires sans être obligés de s’exiler, car après le deuxième secondaire, les jeunes doivent fréquenter une école du continent.

Moins d’enfants à l’école

Cet exode de la population se traduit par une baisse importante du nombre d’enfants à l’école Saint-Joseph. En 2002, ils étaient 47. Cette année, ils sont 14 pour trois professeurs.

«C’est énorme, comme baisse. Le pire scénario, c’est qu’on devienne un village saisonnier. Avec la chasse, nous avons une activité économique de quatre à six mois par année. Le reste du temps, on vit sur le chômage. Notre principal employeur, c’est le gouvernement fédéral. On vit carrément aux crochets du Québec et du Canada. Tout est subventionné, ici», déplore le maire de la municipalité de l’île d’Anticosti, Jean-François Boudreault, qui fait partie du camp du oui.

Population divisée

Car, à l’île, comme ailleurs au Québec, le projet d’exploitation des hydrocarbures divise la population. La coopérative d’alimentation de Port-Menier, qui est l’unique source d’approvisionnement, a évité la fermeture de justesse l’an dernier.

«Ç’aurait été une catastrophe. On l’a échappé belle. La situation était devenue pas mal critique. Ça fait deux ans qu’on tombe en mode survie», relate Jean Thivierge, le directeur général.

Le commerçant ne se berce pas d’illusions. Sans projet économique viable, l’île est condamnée à vivoter. «Je souhaite qu’on trouve du pétrole et qu’on l’exploite de façon intelligente. Ça fait 50 ans qu’on entend parler de ça. Il est temps une fois pour toutes qu’on sache si c’est possible ou non.»

La population de Port-Menier, qui est très attachée à la tranquillité, craint que la ruée vers l’or noir n’amène d’importants bouleversements.

La dernière chose qu’on veut voir débarquer sur l’île en même temps que les pipelines, ce sont les problèmes liés aux grandes villes tels que la prostitution, l’abus d’alcool et de drogue et tout ce qui en découle.

L’évaluation environnementale stratégique, qui sera déposée en mars 2015, devra se pencher sur la portée et la nature des effets environnementaux et socioéconomiques dans l’éventualité d’une production de pétrole. Ce rapport est attendu avec impatience puisqu’il apportera des réponses à de nombreuses questions.

 


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